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L'Usine de films amateurs vous invite à venir créer votre propre film, en suivant un protocole simple imaginé par Michel Gondry, dans un studio de cinéma reconstitué pour l'occasion.
À la manière de Jack Black et Mos Def dans le film de Michel Gondry, Soyez sympas, rembobinez, vous pouvez fabriquer un film de A à Z en un temps record (3h !).
Vous souhaitez participer ? Cette activité est proposée gratuitement à tous, nous vous recommandons de vous inscrire à l'avance, pour former ou rejoindre un groupe de 5 à 15 personnes.
Après une première visite des lieux et un passage par les accessoires, vous passerez à « l'action », depuis l'écriture du scénario et le choix des acteurs jusqu'au tournage et à la réalisation des effets spéciaux « bricolés » sur place !
Aucune formation n'est nécessaire, l'objectif est de se faire plaisir en fabriquant son propre film !
Un ensemble de décors et de machineries simulant à la fois des intérieurs et des extérieurs vous offrent la possibilité de tourner un nombre infini d'histoires. Tout le matériel nécessaire est mis à votre disposition pour que vous soyez autonomes.
Trois heures plus tard, vous repartez du studio avec un DVD de votre film !
Informations pratiques :
L'Usine de films amateurs est ouverte à partir du 17 février, tous les jours sauf le mardi, de 11h à 21h.
Activité gratuite pour tous. Réservation vivement conseillée.
Age conseillé : à partir de 8 ans.
Renseignements et réservations pour les visiteurs individuels :
- informations par téléphone : 01 44 78 12 33
- actuellement il n'est plus possible de réserver sur internet.
- possibilité de s'inscrire sur place, à l'entrée de la Galerie sud. Un petit nombre de places sera disponible pour les séances suivantes : du lundi au samedi à 11h, 12h, 16h, 18h; le dimanche à 11h, 12h, 13h, 15h, 16h, 17h, 18h. Pour tenter d'en profiter, présentez-vous une demi-heure avant la séance.
Uniquement pour les groupes scolaires, associations et centres sociaux : cliquez ici.
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Retrouvez également l'ensemble des films de Michel Gondry, longs et court métrages, clips, pubs et inédits, ainsi qu'une carte blanche en 5 films, en sa présence, dans les salles de cinéma du Centre Pompidou, du 16 février au 13 mars 2011.
INTERVIEW DE MICHEL GONDRY
JEAN-MARIE GALLAIS – Est-ce le film Be Kind Rewind (2008), dans lequel les protagonistes rejouent les films d'un vidéoclub, qui est le point de départ de votre idée de confier aux gens la réalisation d'un film court en totale autonomie ?
MICHEL GONDRY – Ce film et ce projet sont en fait l'aboutissement d'une même réflexion : j'ai toujours eu une sorte de culpabilité en faisant un métier créatif. Je me dis souvent : « Cet ouvrier serait peut-être meilleur réalisateur que moi, s'il avait pu accéder à ce type de métier. » La créativité est trop peu partagée. Et puis lorsque je vivais dans le 13e arrondissement à Paris, il y avait ces petits cinémas, qui ont disparu. J'ai longtemps eu le projet secret de recycler l'une de ces salles en y installant un espace communautaire, où tout le monde aurait pu venir tourner ce qu'il voulait puis le projeter. Cette utopie d'un système autonome, j'ai eu l'opportunité de la concrétiser dans un cadre fictionnel avec Be Kind Rewind. J'ai ensuite voulu passer à la réalité. Le protocole que les gens suivent est conçu pour favoriser la créativité et le système garantit que chacun des participants prenne la parole. C'est une sorte de « socialisme visuel », si on me permet cette expression. Le système empêche les égos de prendre le dessus et garantit l'égalité des participants.
JMG – Qu'attendez-vous particulièrement de la présentation du projet au Centre Pompidou ?
MG – C'est un lieu avec lequel j'ai grandi. Gamin, j'étais fasciné par le « trou » des Halles, et puis tout à coup cette soucoupe volante, le Centre Pompidou, est arrivée, et elle est toujours aussi moderne aujourd'hui… C'est un honneur d'y être invité. Et en même temps, j'ai toujours un peu peur du contexte muséal. Venir d'un certain milieu et se montrer dans un autre, c'est toujours s'exposer aux hostilités. Ce projet peut rencontrer deux écueils : premièrement qu'on le considère comme purement éducatif - or je n'explique absolument pas « comment faire un film » - et deuxièmement être considéré comme « une oeuvre d'art de Michel Gondry », ce qu'il n'est pas du tout.
JMG – Comment le projet est-il conçu pour l'occasion ?
MG – Les décors et accessoires sont adaptés au contexte, avec Paris en arrière-plan, car la structure de verre du Centre nous permet d'ouvrir les décors sur la ville. Ce que j'essaie d'ouvrir aussi, c'est la « fabrique » des films. Avec ce projet, les gens font eux-mêmes leur film, puis prennent du plaisir à le voir parce qu'ils sont dedans, parce qu'ils l'ont fait. C'est une tout autre expérience que de voir un produit qui a été fabriqué, soit par un artiste qui s'exprime, soit par une industrie qui tente de répondre aux attentes supposées du public…
JMG – Vous présentez d'autres cinéastes dans le cadre d'une « Carte blanche » en parallèle de votre rétrospective, qu'avezvous choisi de montrer ?
MG – Des films qui m'ont marqué, pas forcément « influencé », mais inspiré. Comme Le Voyage en ballon, d'Albert Lamorisse (1960), le tout premier film que j'ai vu. Le réalisateur utilise ce voyage comme un pur prétexte pour monter des images aériennes. La caméra censée être sous la nacelle est accrochée sous un hélicoptère, donc il a dû doubler tout le son. Cela crée un décalage étonnant : on voit à l'image les rafales provoquées par les pales de l'hélicoptère, mais on entend les oiseaux chanter ! Ce côté rêveur suscite chez moi le même sentiment à chaque fois que je le revois. On verra aussi d'autres films qui m'ont stimulé : Two Friends, de Jane Campion, Hibernatus, d'Edouard Molinaro ou encore Le voyage en ballon, d'Albert Lamorisse.
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