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Les Revues Parlées Histoire des Trente 1977-2007
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1997
EXPOSITION RETROSPECTIVE
jeff wall
28 novembre 07, 19h30, Petite salle


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Jeff Wall vit et travaille à Vancouver, où il est né en 1946. Photographe doublé d'un historien de l’art, il est, avec Cindy Sherman, Jean-Marc Bustamante, Thomas Struth et quelques autres, un de ceux qui, dans les années 1980, ont redonné à la photographie ses lettres de noblesse artistique. À la vocation « naturelle » de la photographie pour l'enregistrement et le documentaire, il tâche d'adjoindre des exigences artistiques issues de la peinture. À l’occasion d’un voyage en Europe, en 1977, il découvre la peinture de Vélasquez et la réflexion sur la représentation qu’elle implique. Mais, prenant conscience que la matière picturale provoque un effet anachronique chez le spectateur d’aujourd’hui, tant la peinture est désormais absente du quotidien, il décide de reprendre et de traiter les grands problèmes picturaux traditionnels par des moyens « up-to-date », en adéquation avec notre époque, projet qu’il commencera à réaliser l’année suivante, avec The Destroyed Room, qui cite La Mort de Sardanapale de Delacroix puis Picture for Women qui fait écho à Un bar aux Folies-Bergères de Manet. Il ancre les sujets de la peinture historique dans un quotidien d'aujourd'hui. Ainsi Jeff Wall est littéralement, selon l'expression de Baudelaire, un peintre de la vie moderne. Le mode de préparation et de production de ses images n'est pas non plus laissé au hasard. Les photographies sont minutieusement mises en scène, à tel point que Jeff Wall a pu les nommer des « cinématographies ». Ensuite elles sont tirées sur transparents et placées dans des caissons lumineux, ce qui leur confère parfois, étant donné leurs dimensions, un caractère spectaculaire. Jeff Wall, un des photographes les plus importants d'aujourd'hui, s'est vu consacré par une grande exposition rétrospective à la Tate Modern de Londres, en 2005.

Rencontre présentée par Jean-Pierre Criqui.

2005 par François Cusset
La devinette de l’année est l’une de ces questions que n’a pas su résoudre l’interminable bain de larmes et de sang du vingtième siècle : détruire construit-il ? Autrement dit, dans quelle mesure la mise à bas du monde ancien s’apparente-t-elle à la fondation d’un monde neuf, à l’accomplissement d’un désir plein, dans sa fécondité et toute sa positivité ? Certes, rien là de bien neuf : la folie des années 1930 avait déjà exploré ces questions plus avant qu’on ne l’a jamais fait, entre catharsis fasciste, révolution communiste, dialectique démocratique et table rase artistique. Mais en France, l’agenda 2005 semble faire à nouveau la part belle à cette très vieille énigme. Au printemps, pour le référendum sur le traité constitutionnel européen, c’est la victoire le 29 mai d’un refus collectif qui se trouve aussitôt sommé de justifier son entêtement grincheux et de montrer qu’un refus peut produire un monde – de prouver que repousser un projet suffit à rassembler une volonté générale. Et à l’automne, se produit ce que ne parvenaient plus à penser les zélotes du postmodernisme, ni d’ailleurs les millions de visiteurs attirés chaque année vers la première destination touristique du monde : le soulèvement des banlieues parisiennes. Les cris d’orfraie des propriétaires et le mépris de la classe dirigeante face à ces jeunes encagoulés réduisent aussitôt leurs six semaines de lutte à la sauvagerie du vandalisme et au nihilisme gratuit des hormones adolescentes, interdisant d’imaginer ce que peut emporter de construction (d’un sujet politique, d’un présent social, de formes de vie effectives) la destruction sélective des abribus, des magasins ou des écoles publiques. S’il est devenu si difficile de voir comment détruire peut construire, il ne sera pas inutile d’aller réviser la question à même les programmes du Centre, en écho à l’actualité imprévisible de 2005 : non seulement bien sûr « Big Bang », parcours parmi les collections du Centre, sur dix mois et 4 500 mètres carrés, pour y voir à l’œuvre les « rapports entre construction et destruction » (des vidéos métaphysiques de Bill Viola aux fresques utopiques de Diego Rivera), mais aussi la découverte des puissances de l’art contemporain en un continent qu’on réduisait à ses traditions et aux urgences de la pauvreté (« Africa Remix »), le croisement du purisme moderniste et de la folie baroque dans l’architecture de Robert Mallet-Stevens, les effets contradictoires du grand vent de l’Histoire tel que filmé par William Klein – ou encore, comme un retour aux sources, les propositions de Dada pour reconstruire nos perceptions sur les ruines de tous les académismes. Non, décidément, détruire n’est pas à coup sûr un geste plus spontané, plus négatif ou moins réfléchi que construire, du moment qu’on sait lui conserver toute sa complexité, ses incertitudes et le trajet sinueux dont il procède, ou qu’il interrompt. Détruire dit-il, construire dit-elle, ou l’inverse, ébauches à nouveau d’un très ancien dialogue. Tous les textes de François Cusset -->


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