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Les Revues Parlées Histoire des Trente 1977-2007
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1997
PRIX DE LA FONDATION STANKOWSKI
WIM CROUWEL
25 avril 07 à 19h30
présenté par Catherine de Smet

77 79 84 97 82 78
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« Figure majeure du graphisme européen contemporain, Wim Crouwel, né en 1928, fut aussi directeur du musée Boijmans van Beuningen de Rotterdam, de 1985 à 1993. Sa production, marquée par la rigueur d’un héritage moderniste, révèle également de profondes affinités avec l’art de son époque et reflète une pratique étendue du design, appliquée tant au domaine culturel qu’au domaine commercial : création typographique, identités visuelles, signalétique, affiches, édition, scénographie d’expositions. Ce travail est fondé à la fois sur les inépuisables ressources de la grille, matrice de toute composition, et sur l’exploitation constante de l’écrit en tant qu’élément plastique. Crouwel est notamment l’auteur du très expérimental New Alphabet, célèbre caractère typographique conçu en 1967 pour répondre aux nouvelles exigences technologiques, et qui continue de fasciner les jeunes générations. » Catherine de Smet. Crédits photos : New Alphabet.

1990 par François Cusset
À l’heure des comptes et de la « fin de l’Histoire » (une ritournelle à nouveau de saison), la publicité serait-elle le seul vainqueur, elle qui l’emporta par k.o. contre le communisme à l’est et la révolution française chez nous — déclarée « terminée » l’année précédente sous les auspices du créatif Jean-Paul Goude et du roi des historiens François Furet ? C’est en tout cas ce que l’on croirait en 1990, entre un scandale Benetton de plus et l’occupation par l’agence anglaise Saatchi & Saatchi des derniers pans indemnes du mur de Berlin (deux mois seulement après les premiers coups de marteau). La pub trône désormais seule au sommet de ce tas de ruines que Walter Benjamin voyait s’amonceler, sous le nom de Progrès, autour de l’Homme moderne. Et si l’englobante publicité, devenue le style même de la vie et la forme joueuse du marché, connaît sa première mauvaise année depuis longtemps comme secteur économique — décrue oblige —, le Centre est pourtant bien inspiré, cette année-là, d’interroger son rapport de plus en plus intime au champ artistique: exposition « Art et publicité » sous la lumière crue d’un vieux poster pour l’ampoule AEG, dérive parmi les affiches pléthoriques des rues de Tokyo, ou parcours historique plus didactique « De la réclame à la pub » — et jusqu’à la grande rétrospective Andy Warhol où s’indistinguent, d’icônes sérielles en objets rutilants, le détournement de la publicité et la publicité du détournement. Il ressort d’une telle topique, entre ces deux cousins d’âges bien éloignés (art et pub : techniques semblables, objectifs rarement convergents), un jeu d’ombre et lumière, une minutieuse dialectique selon laquelle l’art peut obscurcir la transparence obligatoire de l’ère publicitaire, et la publicité tirer sans cesse l’art vers sa vérité déniée — son existence publique, son désir insatiable de publicité. Car si l’art a ses trompe-l’œil, la pub, elle, n’a pas le goût des fantômes, des revenants indécis et des traits ambigus, auxquels elle préfère l’incontournable netteté de la réclame. Or cette année 1990, première des temps nouveaux, d’un monde enfin débarrassé de toute espèce d’alternative, n’est pas exempte de spectres et d’ectoplasmes, aussi loin du spot de pub pour l’esprit des Lumières que de la Loi libérale et de la Raison démocratique, déclarées désormais seules en piste. Si, en 1990, l’Ircam va à Léningrad et le cinéma cubain vient jusqu’au Centre, l’ex-bloc de l’est est en effet plus agité, déjà, de conflits nationalistes et de soubresauts antisémites que d’espoirs progressistes — pendant que révisionnistes et profanateurs de cimetières juifs, de Lyon-3 à Carpentras, s’en donnent à cœur joie en France pour fêter à leur façon le cinquantenaire des pleins pouvoirs à Pétain. Ainsi va la nouvelle décennie. Louis Althusser et Robert Antelme s’en vont en silence, tandis que les orphelins de la promesse communiste, mais aussi ceux du Troisième Reich, fourbissent leurs armes contre le désenchantement. Tous les textes de François Cusset -->


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