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Les Revues Parlées Histoire des Trente 1977-2007
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1997
LE PARC CITROËN
GILLES CLEMENT
6 juin 07 à 19h30

77 79 84 97 82 78
83 93 90 91 98 86
81 92 88 85 07 00
94 01 87 80 96 95
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Gilles Clément est né en 1943 dans la Creuse. Il obtient son diplôme de paysagiste en 1969 à l’École nationale supérieure du paysage de Versailles où il enseigne actuellement. Il est une des personnalités les plus marquantes de ce renouveau du jardin qui apparaît en France dans les années 1970-1980, enrichi chez lui par une dimension littéraire et théorique. Le paysagiste contemporain ne limite pas son champ d’investigation à la création de jardins, il est également aménageur d’espace. Il nous rappelle ainsi que le paysage n’est pas une fatalité mais la conséquence des politiques menées à son égard (principalement agricoles et urbaines). Tout commence dans le jardin de Gilles Clément dans la Creuse, lieu où il expérimente dès le début des années 1980 un état de friche sous contrôle qui, avec un minimum d’interventions, devient le lieu d’une diversité évolutive. Cela donne lieu au concept du jardin en mouvement qui trouvera sa première application dans le Parc André Citroën inauguré en 1992 et qui deviendra pour les paysagistes une œuvre fondatrice. Sa portée dépasse largement le champ du jardin en écho aux millions d’hectares laissés en friche sous la pression constante des nouvelles politiques agricoles ou aux terrains abandonnés des périphéries des villes. Crédits photos : jardin de Gilles Clément dans la Creuse.

1992 par François Cusset
Grandiloquente année. L’Amérique commémore sa « découverte » il y a un demi-millier de printemps par une poignée de navigateurs européens, et les États-Unis ouvrent en Europe avec Eurodisney l’ultime étape de leur métamorphose d’ex-colonie en culture dominante. L’Europe, elle, est appelée à ratifier le projet économique commun élaboré à Maastricht par ses leaders, moyennant pour la France un référendum qui s’annonce malaisé. Dans les marges d’un aussi lourd agenda, le Centre, de son côté, préfère (comme certains) déplacer ce sempiternel axe transatlantique vers son sud dénié, sa limite indigène et antipodique: exposition « Art d’Amérique latine », exploration de « L’Univers de Borgès », que restitue notamment la musique de Martin Matalon, festival de cinéma mexicain, présentation de l’œuvre de Jorge Amado, l’écrivain démiurgique de Salvador do Bahia, et partout les diverses facettes photographiques d’un continent-monde. Un continent où confluent les mondes, et où se négocient les appariements les plus improbables, ceux du Nègre et du Petit Blanc, du Latin et de l’Indien, du prolétaire et de l’Anglo-Saxon — pourvu qu’un troisième monde ou un troisième sexe soient à nouveau imaginables. Esclavage ou conquête coloniale, oppression culturelle ou exploitation économique : ces affaires-là ont toujours été triangulaires, leur billard est à trois bandes, notamment parce que la concurrence des « nord » requiert toujours un « sud » à disposition. C’est ce qu’explique le théoricien Paul Gilroy dans L’Atlantique noir, un livre paru six mois plus tard qui accompagne aux États-Unis la naissance des études postcoloniales, et qui ne sera traduit en français qu’en 2004. En attendant, cette étrange Columbus Year célébrée de Séville (Expo’92) à Barcelone (les J.O.), mais aussi de Washington à Londres, marque surtout le cinquième centenaire de l’invention d’une minorité absolue, minorité majoritaire vouée au joug colonial puis au siècle des dictatures, puissante multitude au-delà du Rio Grande dont l’arc nord-sud va des mineurs chiliens aux descendants d’esclaves antillais — l’année où justement, exception commémorative oblige, repentance par dédommagement symbolique, le Prix Nobel de littérature est décerné à l’écrivain caribéen Derek Walcott et le Prix Goncourt couronne Texaco du Martiniquais Patrick Chamoiseau. Mais au Centre, en 1992, on joue moins à se dédouaner qu’à aller y voir de plus près, à vérifier sur pièces si par hasard ces autres Amériques n’auraient pas justement les forces que nous n’avons plus, celles de l’utopie et du refus. Et celle de l’art, si l’on entend par là ce qui est toujours du côté de la minorité. Tous les textes de François Cusset -->


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