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Les Revues Parlées Histoire des Trente 1977-2007
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1997
LE COLONEL DES ZOUAVES
OLIVIER CADIOT
15 février 07 à 19h30, Cinéma 1

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Né en 1956, Olivier Cadiot travaille la littérature comme un « art technique complet », déplaçant les registres pour expérimenter à chaque livre un régime de vérité singulier : il emprunte à la poésie sa rigueur, l’épurant de son pathos, au roman ses machineries, l’amputant de sa lenteur, au cinéma ses cascades, moquant ses conventions, et à la philosophie ses outils, soudain opératoires. Il confronte aussi la littérature aux discours standardisés et aux voix syncopées qui saturent notre expérience quotidienne, et qu’il laisse envahir son texte comme si le dernier poète conséquent dût être atteint du syndrome de Stockholm. Et il aborde, toujours, la littérature en tant qu’élaboration collective – qu’il compose un livret d’opéra, travaille à l’adaptation de ses textes pour la scène, collabore avec des musiciens, participe au chantier de la traduction littéraire de la Bible ou, associé à Pierre Alféri, ouvre en 1995 avec la « Revue de littérature générale » le dernier grand atelier littéraire du siècle. Son oeuvre est publiée aux éditions P.O.L.

Olivier Cadiot lira des extraits de Un nid pour quoi faire après la projection du film L’Atelier d’Écriture numéro 2 ou L’Atelier d’Écriture suite de Pascale Bouhénic : quelques années après le premier Atelier d'écriture d'Olivier Cadiot (1994), ce film est une nouvelle visite à l'écrivain. Un remake donc, si on peut appeler remake, une histoire qui dans sa répétition, offrirait une autre profondeur de champ, une suite. Crédits photos : Droits réservés

1997 par François Cusset
L’indignation morale porte toujours en elle le risque d’un retrait de la politique, d’un abandon des luttes et des tactiques au profit des diatribes et des prescriptions. Ou d’un glissement des questions sociales vers le terrain plus glissant, et plus réjouissant, des « moeurs ». Cette année 1997, alors que le Centre célèbre Fernand Léger « sens dessus dessous » avant de fermer pour deux ans de travaux, en est une parfaite illustration. Car 1997, c’est l’hommage unanime à Mere Teresa, la victoire du New Labour de Tony Blair en gauche enfin « vertueuse », l’ouverture du procès de Maurice Papon et de quelques placards à fantômes (le Centre, lui, explore les « revues sous l’Occupation »), la hargne de deux scientifiques scandalisés que les plus grands penseurs critiques français aient fait un usage « illégitime » de la physique et des mathématiques (c’est « l’affaire Sokal », autour de la parution d’Impostures intellectuelles) et bien sûr, autrement omniprésente, la réduction de la vie politique américaine, et bientôt mondiale, à une histoire distrayante de bureau « oral » (celui de la Maison-Blanche), de cigare lubrique et de taches de sperme sur la robe d’une stagiaire – Monica Lewinski offrant finalement au président Bill Clinton la possibilité de se réinventer en rédempteur des péchés de ses compatriotes. Aussi la suite des sept expositions successives imaginées par Didier Ottinger sur le thème des « péchés capitaux » tombe-t-elle à pic : qu’il s’agisse de la Gourmandise, de l’Avarice, de la Luxure ou de l’Orgueil, que les illustrent des oeuvres d’Arman ou de Robert Combas, de Donald Judd ou de Rebecca Horn, l’éloge qui se dégage de la transgression des normes et de l’aptitude de l’art à (faire) rire du Mal offre enfin un peu d’oxygène à ceux qui ne respiraient plus – en rappelant que rien n’est plus joyeux que de dé-moraliser les discours ambiants. Et là où la morale reflue, le politique revient. Au Centre, un travail sur la standardisation et la différence avec « Pareil pas pareil, un parcours autour de l’empreinte », une histoire des loisirs et de leur micropolitique en exposant soixante-dix ans de souvenirs de « vacances à la mer », et les défis du surréalisme à la Raison tentaculaire le temps d’un hommage à Philippe Soupault. Hors du Centre, ce sont les mobilisations diverses de la gauche « plurielle », en passe de remporter des législatives inattendues, et surtout des défenseurs des sans-papiers, menacés par une nouvelle loi, et des salariés de l’usine Renault de Vilvoorde, dont on annonce la fermeture. La Morale au Musée – et la politique, de nouveau, est possible. Tous les textes de François Cusset -->

 


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