10011000 musée 2.0 01 01010001 11111110 10011110 00100000 10011000 01000011 10011000 01000011 01010001 11111110 10011110 00100000 10011000 01000011 01010001 10011000 01000011 01010001 11111110 10011110 00100000 10011000 01000011 0101000_

 

 Par Pierre-Yves Desaive, Attaché scientifique, Musées royaux de Belgique, Bruxelles

 

Au début des années 2000, le ministère belge de la politique scientifique lançait un vaste projet de digitalisation du patrimoine scientifique et culturel de dix institutions reconnues comme « établissements scientifiques fédéraux » (ESF) ou partenaires. Cette initiative reposait sur une étude approfondie des acquis et besoins des ESF en matière de numérisation de leurs collections, qui soulignait l’énorme variété du patrimoine concerné (art, sciences naturelles, archives, bibliothèques, recherche spatiale…), et la masse colossale de données à traiter. Face à un investissement qui s’annonçait considérable, et que ne parviendrait pas à couvrir entièrement le déblocage d’une enveloppe budgétaire pourtant conséquente, demande était faite aux ESF d’étudier divers partenariats avec des acteurs du privé.

Cette idée reposait sur le postulat que sa numérisation dote un objet patrimonial d’une valeur ajoutée, susceptible de fournir un retour sur investissement. Mais comme l’ont démontré par le passé plusieurs expériences avortées visant à monnayer l’accès à des contenus de musées en ligne, cette logique ne va pas de soi. Rechercher la plus-value apportée par la digitalisation du côté des retombées économiques directes (par exemple, la vente d’images) est un corrélat de la manière réductrice dont est souvent envisagée la numérisation – soit la transposition d’une œuvre d’un état dans un autre, sa réduction à une suite de 1 et de 0.

A « numériser », on préférera le terme « informatiser » : l’indexation, la création de métadonnées standardisées et de relations entre les enregistrements, … sont des opérations qui résultent de recherches menées sur les œuvres, et enrichissent la connaissance que nous en avons. Comme son double réel, le musée virtuel a davantage besoin d’historiens de l’art que d’informaticiens. Le débat sur la pérennité des supports numériques ne devrait pas occulter celui sur la qualité des contenus rendus accessibles en ligne et sur l’utilisation des nouvelles technologies, qui peuvent assurer au musée une notoriété à long terme auprès d’un très large public – et l’on constate dans ce dernier domaine une sous-exploitation quasi systématique des possibilités offertes par l’informatique en réseau.

Encore faut-il trouver un équilibre : s’afficher dans les réseaux sociaux type Facebook ou YouTube, comme l’ont récemment fait plusieurs institutions, est certes une démarche originale, mais l’intervention des utilisateurs n’apporte guère d’éléments neufs à la connaissance des collections : le musée 2.0. aura toujours besoin de conservateurs pour garantir la qualité et la cohérence de son contenu.

Janvier 2008.

 

 

Historien de l’art et Attaché à l’Institut de la recherche des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Pierre-Yves Desaive supervise l’informatisation des collections et de leur accès via une base de données bilingue en ligne. Il représente les MRBAB dans le cadre du programme pluriannuel de digitalisation du patrimoine scientifique et culturel des Etablissements scientifiques fédéraux, ainsi qu’auprès des projets européens de numérisation du patrimoine (MINERVA, MICHAEL). PYD a récemment participé à différents colloques sur l’art des nouveaux médias et la muséologie (« Art – Place – Technology : curating New Media Art », Liverpool, Université John Moores ; « Le musée au croisement des savoirs », Montréal, Université Mc Gill). Il a également travaillé comme consultant pour FACT (Foundation for Art and Creative Technology) à Liverpool, dans le cadre d’un projet d’archivage d’œuvres numériques et médiatiques.

 

 

--> Télécharger le document au format .pdf_

--> Consulter tout le programme de la journée_

 

 

 

 

 

10011000 musée 2.0 01 01010001 11111110 10011110 00100000 10011000 01000011 10011000 01000011 01010001 11111110 10011110 00100000 10011000 01000011 01010001 10011000 01000011 01010001 11111110 10011110 00100000 10011000 01000011 0101000_