David Goldblatt (1930 - 2018)

Texte

David Goldblatt, Vendeuse, Orlando West, Soweto, Johannesbourg, 1972 © David Goldblatt / Affiche de la rétrospective au Centre Pompidou

Le 25 juin 2018, disparaissait David Goldblatt, photographe sud-africain. Le Centre Pompidou venait de lui consacrer une rétrospective de grande ampleur. Cette exposition présentait plus de deux cents photographies et une centaine de documents, offrant ainsi au public une traversée de l’ensemble de la production du photographe.

Depuis les années 1960, David Goldblatt parcourait son pays natal, l’Afrique du Sud. À travers ses photographies, il a raconté son histoire, sa géographie, et ses habitants. Il répétait souvent que, pour lui, la photographie n’était pas une arme et qu’il ne voulait la rapprocher d’aucune propagande, même dans un but louable. Le langage photographique qu’il a privilégié est, dans la lignée de cet esprit, à la fois simple et intense.

 

"Quelque chose de la réalité s’empare de moi. Quelque chose qui stimule, irrite, séduit.

Je veux m’en approcher, l’explorer, le voir avec toute l’intensité et la clarté dont je suis capable.

Pas pour acheter, posséder, coloniser ou m’approprier ce morceau de réalité,

mais pour faire l’expérience de son existence et en livrer un condensé par la photographie."

                                                                                                                 David Goldblatt, 2018

 
 

Les films de l'exposition

À l’occasion de la rétrospective consacrée au photographe (21 février-13 mai 2018), sept films ont été produits par le Centre Pompidou et diffusés au fil des sections du parcours de l’exposition. David Goldblatt y commente ses photographies et invite les visiteurs à plonger dans son œuvre fascinante, qui apprend à regarder avec un œil conscient et analytique.

  

La rencontre avec David Goldblatt et Broomberg & Chanarin

Le Centre Pompidou a présenté conjointement à la rétrospective du photographe David Goldblatt, une pièce monumentale des artistes Adam Broomberg et Oliver Chanarin, "Divine Violence", récemment entrée dans la collection. La violence et son questionnement sont au centre de la démarche artistique de ce duo, qui fête en 2018, vingt ans de coopération.
Au cours d'une rencontre le 21 février 2018, les trois artistes, originaires d'Afrique du Sud, ont échangé sur leurs visions documentaires qui se répondent, tout en se contrastant.

 

Le catalogue de l'exposition : David Goldblatt. Structures de domination et de démocratie

En incluant les clichés de jeunesse du photographe, ce catalogue explique les fondements de la passion critique de Goldblatt pour la photographie, sa sensibilité sociale ainsi que sa conscience politique. Ses photographies plus récentes, montrant l'Afrique du Sud en pleins changements, sont également présentées. "Structures de domination et de démocratie" assemble plusieurs des séries de Goldblatt, notamment "On the Mines", "Some Afrikaners" et "Structures".
Avec de nombreux textes écrits par l'artiste, ainsi que des essais rédigés par Ivor Powell et Karolina Ziebinska-Lewandowska, ce catalogue explore le travail de Goldblatt dans le contexte politique d'Afrique du Sud, son pays d'origine, ainsi que dans l'histoire plus générale de la photographie.

Coédition éditions du Centre Pompidou / Steidl
344 pages, 404 illustrations
Sous la direction de Karolina Ziebinska-Lewandowska