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Prix littéraire Bernard Heidsieck–Centre Pompidou

Créé en 2017 en hommage au poète Bernard Heidsieck, le prix littéraire Bernard Heidsieck–Centre Pompidou est un prix de littérature hors du livre tout à fait inédit dans le monde des prix littéraires. Il met à l’honneur d'autres modalités de création et de diffusion de la littérature que le livre : poésie sonore, performance, conférence performée, lecture, film-poème, création radiophonique, littérature exposée, création numérique, etc.

 

  • Le prix d’honneur récompense un auteur pour l’aspect remarquable de l’ensemble de son œuvre ;
  • Le prix de l'année distingue un auteur pour sa création littéraire hors du livre ;
  • La mention spéciale Fondazione Bonotto, mécène du prix.

À ne pas manquer

 

Les 5 ans du Prix Bernard Heidsieck–Centre Pompidou

du 9 au 19 septembre 2021

Exposition et remise du Prix 2021

dans le cadre de « Extra! », le festival de la littérature

2020

Les lauréats

  • Prix d’honneur : Gerhard Rühm
  • Prix de l'année 2020 : Kinga Toth
  • Mention spéciale Fondazione Bonotto : Richard Kostelanetz

Le jury

Président :

Jacques Donguy, critique d’art, poète et traducteur


Membres permanents :

Nathalie et Emmanuelle Heidsieck, filles de Bernard Heidsieck

Patrizio Peterlini, Fondazione Bonotto, mécène du Prix Bernard Heidsieck–Centre Pompidou

 

Membres permanents Centre Pompidou :

Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne

Jean-Max Colard, chef du service de la Parole, concepteur du Festival « Extra! »

Mathieu Poette-Bonneville, directeur du Département culture et création

 

Membres du jury 2020 :

Thu-Van Tran, artiste
Sally Bonn, universitaire, co-responsable de la revue N/Z
Martina Corgnati, universitaire
Paul Bernard, Mamco, en charge notamment du cabinet de poésie concrète
Michael Batalla, directeur du Centre international de poésie Marseille (CipM)

Fabrice Thumerel, critique littéraire, co-directeur de libr-critique.net
Mica Gherghescu, Bibliothèque Kandinski


Gerhard Rühm

 

Gerhard Rühm - portrait

 

Gerhard Rühm (né en 1930 à Vienne en Autriche) est écrivain, poète sonore, plasticien, compositeur, auteur de théâtre, éditeur, et une figure majeure de la poésie expérimentale. 

Après des études musicales à la National Academy of Music de Vienne, Rühm est l’un des fondateurs du « Wiener Gruppe » considéré comme le premier mouvement d’avant-garde autrichien, précurseur de l’actionnisme viennois.

Rühm appartient aux classiques de la littérature allemande moderne, dont il élargit les frontières en direction des arts visuels et de la musique, introduisant des notions telles que « musique visuelle », « poésie sonore », « dessin gestuel ». Son œuvre visuelle, vaste et variée, influencée par l’expressionisme et Dada, intègre souvent des matériaux issus de la vie quotidienne, recadrés et restructurés dans des compositions complexes. Sa production artistique est inspirée par Kurt Schwitters ou Gertrude Stein. Ses travaux sont souvent situés à la frontière entre la musique, la langue, les gestes et le visuel. Ses œuvres sonores sont des exemples remarquables de pièces radiophoniques innovantes.
Son travail a été reconnu par de nombreux prix et distinctions. Depuis 1978, il est membre de la Freie Akademie der Künste à Hambourg. Il reçoit en 2009 le Prix de poésie Alice Salomon (Berlin), et en 2010 un doctorat honorifique de l‘Université de Cologne.

 


Kinga Toth

 

Kinga Toth - portrait

 

Poète, performeuse et artiste, Kinga Toth (née en 1983 à Servar en Hongrie) écrit et publie des nouvelles, des poèmes et des pièces de théâtre en hongrois, en allemand et en anglais. Musicienne, chanteuse, poète visuelle et sonore, elle présente son travail dans des performances, des expositions et des installations internationales. L’œuvre de Kinga Toth résonne profondément avec le monde contemporain et ses problématiques, notamment technologiques.

Parmi ses publications internationales, citons PARTY (Prae, 2013 ; Birds Lcc, USA, 2018), All Machine (2014) et Allmaschine (Akademie Schloss Solitude, 2014), Village 0-24 (Melting Books, 2016), Wir bauen eine Stadt (Parasitenpresse, 2016), et un catalogue d’art visuel : Textbilder (Gedok, 2016-2017).

Son roman The Moonlight Faces (The Lost Words Verlag, 2017 ; Magvető, 2017) a remporté le prix Hazai Attila en Hongrie.

Site Internet

 


Richard Kostelanetz

 

Richard Kostelanetz - portrait

 

Poète, écrivain, artiste américain d’avant-garde, critique et conservateur, Richard Kostelanetz est né à New York en 1940.

Avec sa production littéraire et sa poésie visuelle, il introduit de nouveaux codes grammaticaux et expressifs qui ont été définis dans les années 60 comme « radicaux et intolérants ».

Célèbre pour sa prose, ses nouvelles et sa contribution historique à la poésie visuelle, Richard Kostelanetz utilise des dispositifs  tels que les connexions linguistiques, les séquences de chiffres, les jeux de mots, l’allitération, le parallélisme, le constructivisme et le minimalisme pour interpeller le lecteur.


2019

Les lauréats

  • Prix d’honneur : Clemente Padin
  • Prix de l'année 2019 : Cia Rinne
  • Mention spéciale Fondazione Bonotto : Franz Mon

Le jury

Présidente :

Esther Ferrer, artiste


Membres permanents :

Nathalie Heidsieck, fille de Bernard Heidsieck

Patrizio Peterlini, Fondazione Bonotto, mécène du Prix Bernard Heidsieck–Centre Pompidou

 

Membres permanents Centre Pompidou :

Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne

Christine Carrier, directrice de la Bpi (Bibliothèque Publique d’information)

Jean-Max Colard, chef du service de la Parole, concepteur du Festival Extra!

Mathieu Poette-Bonneville, directeur du Département culture et création

 

Membres du jury 2019 :

Anne-James Chaton, écrivain
Demosthenes Agrafiotis, artiste et poète
Cristina de Simone, universitaire
Martina Corgnati, universitaire
Mr Hung Hung, director of the Taipei Poetry Festival


Clemente Padin

 

Clemente Padin - portrait

 

Clemente Padìn (né en 1939 à Lascano, Uruguay) est un poète, performer, designer et artiste multimédia uruguayen. Il est également un important théoricien des pratiques poétiques issues des avant-gardes historiques.

Dans les années 1960, il est l'un des initiateurs du Mail art en Amérique latine. En 1966, il crée la revue Los Huevos del Plata, qui donne le ton d'une poésie résolument moderne se réinventant hors des formalismes de l'époque, et qui s'affiche politique. Il y publie ses premiers poèmes qui, réunis sous le titre Los Horizontes Abiertos, sont publiés en recueil en 1967 (traduits dans la collection Al Dante sous le titre Horizons ouverts). Dès les premiers numéros, on trouve parmi les figures tutélaires Antonin Artaud, Ezra Pound, Vicente Huidobro et Sade. Après quatorze numéros et trois livres, la revue s'arrête en novembre 1969 avec, en citation de couverture : « pour créer un monde, il faut détruire un monde ». 

Le mois suivant, en décembre, il lance une nouvelle revue, Ovum 10, qui s'affiche internationaliste, expérimentale, révolutionnaire et solidaire des mouvements sociaux. Quant à la poésie de Padìn, elle s'oriente vers des pratiques de poésies visuelles, sémiotiques, conceptuelles, performatives, multimedia, contextuelles et environnementales. Dès lors il ne cesse de mener une vie d'activiste sur tous les fronts, tant esthétiques que politiques. Il publie, expose, organise, performe, théorise… sans cesse. L’engagement politique de l’artiste et de son œuvre, qui met souvent en scène la parole interdite ou empêchée par le pouvoir, lui vaut d’être mis en prison de 1977 à 1979 par la dictature militaire, puis d'être placé en liberté surveillée jusqu'en 1984.


Cia Rinne

 

Cia Rinne - portrait

 

Cia Rinne est une poète installée à Berlin. Née à Göteborg (Suède), elle grandit en Allemagne et étudie la philosophie à Francfort, Athènes et Helsinki.

Ses textes minimalistes s’écrivent dans plusieurs langues et réduisent des questions philosophiques et linguistiques à des séquences sonores en provoquant des changements de sens. Ses performances, expositions et installations sonores sont présentées en Europe et dans le monde, comme récemment l’œuvre sonore Leçon du mot [le son du mot] (avec Sebastian Eskildsen, 2018) à la Glyptothèque de Copenhague. Ses livres ont été publiés en Suède, au Danemark, en Allemagne, en Suisse et au Canada, et en un seul volume en France (Zaroum ; notes pour solistes, Le Clou dans le fer, 2011).

En novembre 2019 est mis en scène à Copenhague un opéra pour lequel Cia Rinne a écrit le livret, Trial & Eros


Franz Mon

 

Franz Mon - portrait

 

Franz Mon (né en 1926 à Francfort, où il vit toujours) est l'un des pionniers de la poésie concrète et sonore en Allemagne.

Enfant, il est utilisé pendant la guerre pour aider à la défense anti-aérienne, et il découvre la modernité artistique interdite par les Nazis en lisant une revue littéraire dans un camp de prisonniers des Alliés. Plus tard, il change son patronyme allemand Löffelholz en MON, palindrome qui lui évoque « MON NOM » en français. En réaction contre l'emploi abusif de la langue sous le nazisme, ses poèmes, proses et pièces radiophoniques combinent une concentration minimaliste sur un langage considéré avec méfiance, où se manifeste une expression tout à la fois grave et absurde de l’humain. Proche du mouvement de poésie concrète des années 1950, il reste un solitaire radical croyant à une fonction critique de l’expérimentation.

Il publie lui-même d’autres poètes expérimentaux avec sa petite maison d’édition et participe au « Colloque de Nouvelle Poésie » de Bielefeld (annuel de 1978 à 2003). À côté de ses textes poétiques, il publie régulièrement des réflexions sur la poésie et des études théoriques. Parallèlement, il relie le visuel au verbal par des collages à déchirures de photos et mots, ainsi que par des modulations et superpositions de lettres isolées agrandies.


2018

Les lauréats

  • Prix d’honneur : Michèle Métail
  • Prix de l'année 2018 : Fia Backström
  • Mention spéciale Fondazione Bonotto : Alain Arias-Misson

Le jury

Président :

Julien Blaine, écrivain, poète, performeur


Membres permanents :

Nathalie et Emmanuelle Heidsieck, filles de Bernard Heidsieck

Patrizio Peterlini, Fondazione Bonotto, mécène du Prix Bernard Heidsieck–Centre Pompidou

 

Membres permanents Centre Pompidou :

Kathryn Weir, directrice du Département du développement culturel

Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne

Christine Carrier, directrice de la Bpi (Bibliothèque Publique d’information)

Jean-Max Colard, chef du service de la Parole, concepteur du Festival Extra!

Aurélie Olivier, programmatrice du Festival Extra!

 

Membres du jury 2018 :

Laure Limongi, écrivaine et éditrice

Arnaud Labelle-Rojoux, artiste

Martina Corgnati, historienne et critique d’art

Gaëlle Théval, universitaire

Mathieu Copeland, commissaire d’exposition

Gloria Bordons, universitaire


Michèle Métail

 

Michèle Métail - portrait

 

Née en 1950 à Paris, Michèle Métail est une figure essentielle de la poésie expérimentale et sonore. Depuis 1973 et les premiers vers du Poème infini, de façon très radicale, Michèle Métail a refusé pendant plus de vingt ans l’édition de ses textes, pour ne les diffuser qu’au travers de « publications orales ». La projection du mot dans l’espace représente pour l’auteur le « stade ultime de l’écriture ». Diapositives et bande-son accompagnent parfois ses lectures, où elle travaille l’allitération et l’assonance comme un parasitage, un brouillage du sens.

En 1975, elle entre à l’Oulipo, introduite par François Le Lionnais, mais prend ses distances avec ce groupe littéraire en 1998.

Très proche dans l’esprit et le travail du poète sonore Bernard Heidsieck, elle fonde avec lui l’association « Dixit » en 1979.

Elle fonde également avec le compositeur Louis Roquin l’association « Les arts contigus », qui s’intéresse aux rencontres entre divers modes d’expression : arts plastiques, poésie, musique, gestes, performances, installations… 


Fia Backström

 

Fia Backström - portrait

 

Née en 1970 à Stockholm, Fia Backström est une artiste plasticienne suédoise qui vit aujourd’hui entre Stockholm et New York.

Fia Backström investit une grande quantité de médiums : écriture, installation, performance, édition, photographie, exposition. Elle invite régulièrement d’autres artistes à collaborer avec elle, et sollicite volontiers la participation du public. La reconnaissance internationale de son travail l’a amenée à intervenir notamment au Moma de New York, à la Serpentine Gallery de Londres, ou encore à représenter la Suède lors de la Biennale de Venise en 2015.

Pleinement plasticienne, Fia Backström pose le langage et les mots au cœur de son travail. La poésie se dissémine chez elle dans d’autres formes et d’autres moyens d’expression que le livre : la performance orale, l’enseignement, l’édition, l’installation, la sculpture… 


Alain Arias-Misson

 

Alain Arias-Misson - portrait

 

Né en Belgique en 1936, Alain Arias-Misson grandit aux États-Unis. Après son diplôme de Harvard en philosophie et littérature grecque, il fuit la guerre du Vietnam et se réfugie en Espagne en 1963. Là, il se consacre à la poésie expérimentale et entre vite en contact avec d’autres poètes concrets et visuels à travers le monde, notamment Paul De Vree avec lequel il collabore à la revue De Tafelronde.

C’est entre 1967 et 1970 à Bruxelles qu’il crée ses premiers Public Poems, une forme de poésie différente des happenings et des performaces. Élaborée à partir d’éléments extraits de la rue (circulation, monuments, institutions commerciales et financières, mouvements populaires…), celle-ci trouve sa place idéale dans les espaces publics, en particulier les espaces urbains. 
Il publie également une dizaine de romans et habite Paris depuis 2002.
Ses toutes dernières productions manifestent une vraie recherche dans l’utilisation des nouvelles technologies, tout en restant fortement enracinées dans la tradition de la poésie concrète et visuelle. 


2017

Les lauréats

  • Prix d’honneur : John Giorno
  • Prix de l'année 2017 : Caroline Bergval
  • Mention spéciale Fondazione Bonotto : Lamberto Pignotti

Le jury

Président :

Jean-Jacques Lebel, artiste


Membres permanents :

Nathalie et Emmanuelle Heidsieck, filles de Bernard Heidsieck

Patrizio Peterlini, Fondazione Bonotto, mécène du Prix Bernard Heidsieck–Centre Pompidou

 

Membres permanents Centre Pompidou :

Kathryn Weir, directrice du Département du développement culturel

Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne

Christine Carrier, directrice de la Bpi (Bibliothèque Publique d’information)

Jean-Max Colard, chef du service de la Parole, concepteur du Festival « Extra! »

William Chamay, programmateur du Festival « Extra! »

Aurélie Olivier, programmatrice du Festival « Extra! »

Aurélie Dijan, programmatrice du Festival « Extra! »

Magali Nachtergael, programmatrice du Festival « Extra! »

 

Membres du jury 2017 :

Anne Portugal, écrivain
Olivier Chaudenson, directeur de la Maison de la Poésie, Paris
Martina Corgnati, historienne et critique d’art
Nathalie Léger, directrice de l’Institut Mémoires de l'édition contemporaine (Imec)

Eric Mangion, directeur du centre d’art de la Villa Arson, Nice
Jérôme Mauche, programmateur des rencontres « Poésie Plate-forme », Fondation Ricard pour l’art contemporain
Elide Pittarello, professeur, Universita Ca’Foscari, Venise


Caroline Bergvall

 

Caroline Bergvall - portrait

 

Caroline Bergvall (née en 1962) est une écrivaine et artiste franco-norvégienne dont les projets sont alternativement des performances, des installations audio et/ou plastiques, des livres, des travaux visuels, et des collaborations avec des artistes d’autres champs de la création.

Elle a enseigné dans plusieurs universités anglo-saxonnes, avant d'entrer à l'université de Southampton. 

Son œuvre, hybride, mêle numérique, vidéo, musique, déclamations, danse… Ses thématiques sont diverses : l'appartenance culturelle, le genre et la politique sexuelle, le rôle de l'artiste et de l'art, la poétique multilingue et l'impact des nouveaux médias dans l'écriture. 
Elle a exposé notamment au Museum of Modern Art (MoMA) et à la Dia Art Foundation à New York, à la Tate Modern de Londres, au Musée d'art contemporain d'Anvers.

En 2017, Caroline Bergvall a reçu le Cholmondeley Award 2017 pour l’ensemble de son œuvre poétique. 


John Giorno

 

John Giorno - portrait

 

John Giorno naît le 4 décembre 1936 à New York. Il obtient une licence à l'Université de Columbia en 1958.
Poète, plasticien et artiste performeur intéressé par le Pop Art, Giorno rencontre Andy Warhol en 1962. Il devient son collaborateur et son amant, et apparaît dans son film Sleep réalisé en 1963.

En 1964, Giorno produit une anthologie de poèmes trouvés intitulée The American Book of the Dead, et commence à expérimenter la poésie et les environnements sonores en se produisant au « Poetry Project » de l'église St-Mark à Manhattan. En 1967, il lance Dial-a-Poem, invitant les gens à appeler un numéro de téléphone spécifique pour entendre des poètes tels que John Ashbery, Joe Brainard, John Cage, Allen Ginsberg, Frank O'Hara et Anne Waldman lire leurs poèmes. Dial-a-Poem, présenté notamment au Museum of modern art de New York (MoMA), fait partie du « Giorno Poetry Systems » (GPS), une organisation à but non lucratif destinée à soutenir l'expérimentation de méthodes visant à amener la poésie dans la sphère publique.
Dans les années 1980, Giorno s'engage dans la lutte contre le sida, et GPS contribue à la collecte de fonds pour venir en aide aux personnes atteintes de la maladie en publiant des affiches désormais emblématiques, telles que : « Traite un parfait inconnu / comme un amoureux, fais-lui un câlin ». 

Plus tard, Giorno se concentre sur son art visuel basé sur le texte.

En 2015, une rétrospective de son œuvre a été exposée au Palais de Tokyo à Paris et à New York, organisée par son mari, l'artiste suisse Ugo Rondinone.

John Giorno disparaît le 11 octobre 2019.

 


Lamberto Pignotti

 

Lamberto Pignotti - portrait

 

Lamberto Pignotti (né en 1926 à Florence, Italie) débute son activité poétique au début des années 1940, en expérimentant l'art verbal-visuel. Au début des années 1960, il conçoit et théorise les premières formes de « poésie technologique » et de « poésie visuelle », dont il édite en 1965 la première anthologie, en identifiant 15 auteurs. En 1963, avec Eugenio Miccini, Giuseppe Chiari et d'autres artistes et critiques, il crée le mouvement d'avant-garde littéraire italien « Gruppo 70 » (1963-1968) et quelques mois plus tard, il participe à la formation du « Gruppo 70 » (1936-69). Depuis 1971, il enseigne dans les facultés de Florence puis de Bologne, autour des rapports entre l'avant-garde, les médias de masse et les nouveaux médias.

Son travail artistique se développe dans la comparaison entre des signes et des codes d'origines différentes : linguistique, visuelle, auditive, gustative, odorante, tactile, comportementale et performante. Cette activité multimédia et synesthésique donne lieu, entre happenings et performances, à des « poèmes et non », des « ciné-poèmes », des cassettes logo-musicales, des livres-objets en plastique, des poèmes à toucher, à boire, à manger, des « poèmes à mâcher », ainsi que des « poèmes visuels » sous forme de collages ou d'interventions sur des photographies d'actualité, de mode, de publicité, etc.


Bernard Heidsieck (1928-2014)

Figure majeure de la poésie française de la deuxième moitié du 20e siècle et inventeur de la « poésie action », Bernard Heidsieck est l'auteur d'une œuvre littéraire extraordinaire et largement reconnue à l’international. Sortir du livre et de la page, revendiquer une « poésie–debout » contre les conventions d'une littérature « couchée » dans le livre, sortir la poésie de ses cercles habituels, utiliser les appareils sonores électroniques pour créer et amplifier la poésie : telles sont les grandes voies tracées par Bernard Heidsieck, qui a exploré les formes sonores et plastiques de la création littéraire via des performances, des poèmes-partitions, des audio-poèmes… 

 

Bernard Heidsieck a reçu en 1991 le Grand Prix national de la Poésie.

Cette figure pionnière et tutélaire de la littérature donne aujourd'hui son nom au prix littéraire du Centre Pompidou. 

 

 

 

À la suite de la parution de son recueil Sitôt dit en 1955, Bernard Heidsieck constate l'état « moribond » de la poésie, cantonnée selon lui à l'espace blanc de la page dans laquelle elle finit par se « noyer ». C'est après avoir assisté aux concerts du Domaine Musical de Pierre Boulez, où il entend notamment Le Chant des adolescents de Stockhausen, puis aux performances des artistes de Fluxus au Domaine Poétique, qu'il prend conscience du « retard » de la poésie sur les expérimentations musicales et artistiques du temps.

Il entreprend alors de sortir le poème de la page imprimée et crée ses premiers « poèmes-partitions ». Il utilise le magnétophone comme principal outil de création à partir de 1959, fondant ainsi avec François Dufrêne, Gil J. Wolman et Henri Chopin, la « poésie sonore », c'est-à-dire, selon sa définition propre, une poésie faite par et pour les magnétophones, qui use des moyens de l'électro-acoustique.
La dimension visuelle du poème prend également pour Heidsieck une importance majeure : le poème, tel qu'il est conçu, trouve son achèvement sur la scène, dans le moment de sa performance. Raison pour laquelle il rebaptise sa pratique « poésie action » à partir de 1963. 

 

« Ce que je cherche toujours, c'est d'offrir la possibilité à l'auditeur/spectateur de trouver un point de focalisation et de fixation visuelle. Cela me paraît essentiel. Sans aller jusqu'au happening loin de là, je propose toujours un minimum d'action pour que le texte se présente comme une chose vivante et immédiate et prenne une texture quasiment physique. Il ne s'agit donc pas de lecture à proprement parler, mais de donner à voir le texte entendu. »


Poète, Bernard Heidsieck exerce également tout au long de sa carrière l'activité de banquier – il a été vice-président de la Banque française du commerce extérieur à Paris. Le lien entre les deux activités est notamment au cœur de son poème–partition B2-B3. Exorcisme (1962) et de certains poèmes de Derviche/Le Robert.


Invité de très nombreux festivals, il organise lui-même le « Panorama international de poésie sonore » à la Galerie Annick Lemoine (Paris) en 1976, ainsi que les « Rencontres internationales de la poésie sonore » à Rennes, au Havre et au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou à Paris en 1980, en association avec Michèle Métail. Il participe pendant de nombreuses années à l’organisation du festival « Polyphonix » (créé pour la 1ère fois en 1979) dont il assure un certain temps la présidence. 


Bernard Heidsieck est également l'auteur d'un œuvre plastique important. En 1970, Les Foules consituent le premier exemple de ses « écritures-collages ». Conçu entre 1973 et 1979, Canal Street se construit autour de la réalisation d'un ensemble de planches et de poèmes créé à partir de circuits intégrés trouvés sur l'avenue du même nom à New York. Toujours avec le matériau « sonore », dont des bandes magnétiques, il réalise également plusieurs abécédaires.

Hommage à Bernard Heidsieck

16 septembre 2015, au Centre Pompidou

 

En présence de Julien Blaine, Bernard Blistène, Esther Ferrer, John Giorno, Joël Hubaut, Arnaud Labelle-Rojoux, Michèle Métail. 

Sur une proposition de Jean-Jacques Lebel et de l'Association « Polyphonix ».

 

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