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Resumen

La tradition du journal intime en témoigne : le geste d'écrire, qui fait passer les mots via la main du corps à la page, ce miroir, est une projection d'un dedans vers un dehors. Ecrire est donc aussi une façon de tracer des frontières entre soi et le monde, soi et les autres, afin de les franchir.

Pour autant, si la poésie a admis de toujours l'expression immédiate de l'intime, l'art du roman a longtemps exigé de l'écrivain sa distanciation par la construction imaginaire de personnages et de situations. Comme si l'expression de l'intime nécessitait la médiation d'une intrigue dès lors qu'elle ne se donnait pas comme véridique, par exemple sous la forme des "confessions". Cette pudeur d'écriture ne prévaut plus toujours. Les nouvelles formes esthétiques qu'arpente la fiction contemporaine brisent les frontières entre genres, tandis que ne cessent d'évoluer les frontières entre les êtres : entre soi et l'autre, au-delà de la page.

Información adicional

Débat, Petite salle, Centre Pompidou, 26/02/2001

Participantes Richard Morgiève
Alice Ferney
Christophe Kantcheff : animateur(s) / modérateur(s)
Bertrand Leclair : conseiller(s) scientifique(s)
Camille Laurens
En el marco de la serie Un siècle à écrire : Jeunes littératures européennes, 01-01-2000
La Bpi organise un cycle de débats sur la littérature européenne en train de s'écrire afin de mettre au jour quelques-unes des principales perspectives que dessinent, depuis plusieurs années déjà, les écrivains appelés à devenir les pionniers du XXIe siècle. Chaque débat associera de jeunes écrivains français et étrangers afin de donner à voir, au-delà des barrières linguistiques et médiatiques, la trame du tissu littéraire européen, à l'aube du troisième millénaire.
01/01/2000