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Summary

« Les hommes sont trop peu “ soleil ” », écrivait Georges Bataille en 1944 dans Le Coupable. Cinquante ans après sa mort, son oeuvre est-elle plus, désormais, qu'une étoile morte ?

Le soleil constitue chez Bataille le modèle d'une autre existence humaine, à laquelle il nous exhorte sans cesse : brûler au point de s'approcher de la mort. Ce voeu singulier de se changer « en une sorte d'inintelligible soleil », cette recherche d'une souveraineté faite de perte, nous permettent-ils de parler encore d'un humanisme de Bataille ?

Le soleil se dépense sans s'accroître de ses dons : de cette générosité s'inspire la fameuse théorie bataillienne de la dépense improductive. Ses allures anti-capitalistes sont séduisantes, et l'on est poussé à se demander si l'oeuvre de Bataille comporte une éthique du don qui pourrait nous guider.

L'érotisme, quant à lui, semble plus avoir affaire avec la « nuit sale, la maison close, ou encore la lune, qu'avec le soleil. Mais l'anus est « anneau solaire » aveuglant, et la dépense oeuvre dans l'acte érotique. Une telle vision de l'érotisme suppose aussi le jeu de la transgression, et l'expérience du péché, au risque de tomber sous le coup de la critique féministe par le rôle qu'elle fait jouer à la femme, sainte et souillon, prêtresse et victime.

Les rapports de Bataille avec son propre rayonnement sont complexes, une part de son oeuvre implique l'offuscation de cette oeuvre même. Quelle «mauvaise nouvelle » nous délivre-t-elle, qui l'exposerait à l'incompréhension, voire à un refoulement toujours

reconduit ?

Additional information

Petite salle, Centre Pompidou, 01/06/2012

Speakers Jacques Henric
Sylvain Santi
Emmanuel Tibloux : animateur(s) / modérateur(s)
Jean-François Louette : animateur(s) / modérateur(s), conseiller(s) scientifique(s)
Denis Hollier
Jean-Joseph Goux
Philippe Forest
Clarisse Hahn
Gisèle Vienne
Yannick Haenel
Christine Détrez
Jean-Michel Besnier