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Resumen

"Tourné et monté pendant l'insurrection parisienne par le Comité de Libération du cinéma français (CLCF), le film "La Libération de Paris" fut salué avec enthousiasme dès sa première présentation publique dans la capitale, le 29 août 1944. L'immense succès qu'il remporta en France et dans le monde ne tenait pas seulement à sa valeur de « témoignage » sur la bataille de Paris. Il s'explique tout autant par la dimension symbolique de l'oeuvre qui fut présentée comme un acte de résistance à part entière. Constamment recyclé dans des documentaires, émissions de télévision et fictions, ce film a largement contribué à cristalliser une vision et un imaginaire de la bataille de Paris. L'image d'actualité puise sa force de conviction dans ce qu'André Bazin définit comme une desquamation de l'Histoire dont la peau, à peine formée, deviendrait pellicule.

Cet effet de réel ne saurait masquer pour autant les logiques de construction et re-figuration de l?événement. Saisir la valeur de témoignage du film "La Libération de Paris", c'est donc comprendre qu'il rend compte, aussi et surtout, des enjeux politiques, symboliques, professionnels de son groupe de réalisation ainsi que des attentes du public de l'époque.

C?est à la mise en lumière de ces stratégies complexes que nous nous emploierons en analysant les archives du CLCF, les différents régimes de prises de vue à l'oeuvre dans le film, les rushes non utilisés, les plans tournés dans les mêmes lieux par des cinéastes amateurs, les montages parallèles de ces mêmes images produits en France et à l'étranger." (Sylvie Lindeperg)

Información adicional

Projection - Conférence, Cinéma 2, Centre Pompidou, 20/10/2008

Participantes Sylvie Lindeperg
En el marco de la serie Regards critiques, 01-01-2008
Prolongeant son activité de programmation de films documentaires, la Bpi propose des rendez-vous réguliers d'analyse de films à partir de janvier 2008. Regroupés en cycles, ces rendez-vous sont confiés à un critique, un enseignant ou un programmateur qui fait partager sa conception de la critique. A chaque séance, leur conférence suivra la projection d'un film choisi aussi bien parmi les oeuvres majeures du cinéma documentaire que parmi les oeuvres plus novatrices de la production contemporaine. Le premier volet, intitulé "Histoire du cinéma sous influence documentaire" a été confié au cinéaste Jean-Louis Comolli. Le deuxième volet, intitulé "Histoires d'archives : lire les images du passé" est confié à l'historienne Sylvie Lindeperg Le troisième volet, intitulé "La part sonore du cinéma" est confié à l'ingénieur du son Daniel Deshays. Le quatrième volet, intitulé "Ceci n'est pas... un documentaire" est confié à Bernard Eisenschitz. Le cinquième volet, intitulé "Autre chose ? Le cinéma dit-il « autre chose »?", est confié à Carole Desbarats.
01/01/2008