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Resumen

1672, Racine: « L'éloignement des pays répare en quelque sorte la trop grande proximité des temps ». Certes le principe racinien reste, mais qu'y apporte donc d'autre le cinéma ?

Dans cette séance, on s'essaiera à passer de l'ailleurs physique, celui que propose l'espace, à l'éloignement temporel, celui qui nous rend l'image d'êtres disparus. En 1968, dans 2001, l'Odyssée de l'espace, Kubrick disait vouloir atteindre l'essence du cinéma, cette « expérience non-verbale » qui submerge le spectateur. En faisant sortir ses astronautes dans l'espace, Kubrick aurait tenté de battre la NASA de vitesse, ce qu'il a réussi, de quelques mois à peine: l'homme américain a mis le pied sur la lune en 1969. Un an avant, Kubrick proposait une imagerie qui allait devenir matricielle jusqu'à aujourd'hui: dans le bruissement discret des machines, une masse blanche glisse, lourde et lente, dans l'obscurité des cieux.

2010 : L'ISS, la station spatiale internationale devrait bientôt se voir dotée de plusieurs ouvertures supplémentaires « inutiles » qui permettront juste aux astronautes de bénéficier du panorama: 400 km sous leurs pieds, la Terre. En fait, ils verront donc, pour de vrai, ce que Kubrick a filmé quarante ans plus tôt.

Racine, toujours: « (…) le respect que l'on a pour les héros augmente à mesure qu'ils s'éloignent de nous ». Au cinéma, point n'est besoin d'exotisme, l'enregistrement machinique peut suffire à provoquer cette distance. 1914 : Sacha Guitry filme des entretiens avec de grands artistes qu'il admire et appelle Ceux de chez nous. En 1952, il commente ce même film. Cette aventure est un des plus beaux exemples que le cinématographe nous ait donné de sa capacité à nous rapprocher de ce qui a été, dans un autre temps. (Carole Desbarats)

Información adicional

Conférence - Débat, Cinéma 2, Centre Pompidou, 07/06/2010

Participantes Carole Desbarats
En el marco de la serie Regards critiques, 01-01-2008
Prolongeant son activité de programmation de films documentaires, la Bpi propose des rendez-vous réguliers d'analyse de films à partir de janvier 2008. Regroupés en cycles, ces rendez-vous sont confiés à un critique, un enseignant ou un programmateur qui fait partager sa conception de la critique. A chaque séance, leur conférence suivra la projection d'un film choisi aussi bien parmi les oeuvres majeures du cinéma documentaire que parmi les oeuvres plus novatrices de la production contemporaine. Le premier volet, intitulé "Histoire du cinéma sous influence documentaire" a été confié au cinéaste Jean-Louis Comolli. Le deuxième volet, intitulé "Histoires d'archives : lire les images du passé" est confié à l'historienne Sylvie Lindeperg Le troisième volet, intitulé "La part sonore du cinéma" est confié à l'ingénieur du son Daniel Deshays. Le quatrième volet, intitulé "Ceci n'est pas... un documentaire" est confié à Bernard Eisenschitz. Le cinquième volet, intitulé "Autre chose ? Le cinéma dit-il « autre chose »?", est confié à Carole Desbarats.
01/01/2008