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Portrait de Thomas Lélu par Thomas Lavelle

Le Centre Pompidou &... Thomas Lélu

Artiste et auteur, Thomas Lélu est un créatif hyperactif. Pour le Centre Pompidou, il crée depuis deux ans les affiches du festival Extra! dédié aux littératures hors du livre. Féru d'art moderne et contemporain, ce quadragénaire est aussi à la pointe des nouveaux médias numériques. Sur son compte Instagram, très suivi, ses détournements dadaïstes et son ton impertinent font le bonheur de ses followers. Et des marques de luxe. 

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À la fin des années 1990, Thomas Lélu sort à peine de l'École nationale supérieure des arts décoratifs, mais son lien avec le Centre Pompidou est déjà là. Il est embauché pour travailler en tant que graphiste au sein du célèbre atelier de création graphique de Pierre Bernard (ACG), auquel l'on doit la signalétique extérieure accompagnant les travaux du Centre Pompidou entre 1998 et 2000. Il y réalise des affiches, notamment : « Le Centre Pompidou était à l’époque fermé pour rénovation, c'était une expérience très forte pour moi qui débutais ». Vingt ans après, Thomas Lélu est devenu un personnage incontournable du monde de la création, naviguant entre art, publicité, mode et édition (son livre Manuel de la photo ratée, sorti en 2002, est devenu un must de la vie pré-Instagram). Touche-à-tout, celui qui a été directeur artistique de magazines (Citizen K, Playboy), et de galerie (Emmanuel Perrotin), jamais en reste d'un post ironique et bien senti sur les réseaux sociaux, travaille actuellement à l'écriture d'un scénario et d'un livre.

« Je passe très souvent devant le Centre Pompidou, quasiment tous les jours car j’emmène ma fille à l’école dans le quartier. Malgré tout, je découvre toujours le bâtiment sous des angles inattendus... Alors je le re-regarde. Je suis Parisien depuis près de trente ans, c’est vrai que le bâtiment fait partie du paysage, c’est même l’un des premiers lieux où l’on vient lorsque l’on visite la capitale, Beaubourg c'est un classique. Je dis "Beaubourg" parce que c’est plus court, et aussi parce que je suis sûrement de la vieille génération ! C’est mon côté provincial, "Beaubourg", ça fait "bourg", ça fait "centre-ville", ça fait "je vais en ville"… Ça fait aussi penser à "bobo". J’ai grandi en Bretagne, avant de faire des études d’art à Nantes, et pour moi le Centre Pompidou est aussi lié à mes années d’apprentissage et de découvertes. Lorsque j’étais aux Arts Déco, je venais souvent, j’aimais me balader dans les collections. Je me souviens très clairement d’expositions dans les années 2000, notamment une sur les avant-gardes, "Le Futurisme à Paris". J’avais adoré me promener dans les époques.

 

Je dis "Beaubourg" parce que c’est plus court, et aussi parce que je suis sûrement de la vieille génération ! C’est mon côté provincial, "Beaubourg", ça fait "bourg", ça fait "centre-ville", ça fait "je vais en ville". Thomas Lélu

 

Je me souviens aussi d'être venu voir la rétrospective Jeff Koons, un artiste qui, quand je l’ai découvert, me troublait énormément… et puis finalement plus du tout. J’ai eu un choc esthétique en découvrant Plight, de Joseph Beuys. Et puis aussi lorsque je suis venu voir la rétrospective Louise Bourgeois. Je pense que je ne m’étais pas assez arrêté sur son travail auparavant, j’avais sans doute un regard trop masculin sur l’art. Et c’est pareil avec Sophie Calle… J’avais beaucoup aimé cette exposition en 2003, je me souviens très bien de l’affiche, signée du photographe de mode Jean-Baptiste Mondino. J’aime bien reconsidérer mon rapport aux œuvres, il y en a que j’ai intégrées, et d’autres qui continuent de me surprendre et de m’interroger. Avec les années, on creuse, il y a toujours une œuvre qu’on n’avait pas bien regardée… Ce que j’aime au Centre Pompidou, c’est ce côté labyrinthe, comme un grenier dans lequel on fouille, à la recherche de la sensation de révélation que l’on a eue ». ◼

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