La Ville de Paris
1910 - 1912
La Ville de Paris
1910 - 1912
« Les nus féminins sont des immeubles, les immeubles, des nus. La grâce ancienne réapparaît : Pompéi ! Mais noyé dans un désir de nouvelle composition. » (Delaunay)
Dans ce tableau monumental, les formes fragmentées de la vue de Paris et de la tour Eiffel sont associées à un thème inédit chez Robert Delaunay : le motif des Trois Grâces. Cette référence à l’art antique donne au tout nouveau mouvement d’avant-garde qu’est le cubisme, une dimension historique. Il fait ici de Paris, sa ville natale, un exemple d’élégance, de classicisme autant que de modernité.
| Domaine | Peinture |
|---|---|
| Technique | Huile sur toile |
| Dimensions | 267 x 406 cm |
| Acquisition | Achat de l'Etat, 1936 |
| N° d'inventaire | AM 2493 P |
Informations détaillées
| Artiste |
Robert Delaunay
(1885, France - 1941, France) |
|---|---|
| Titre principal | La Ville de Paris |
| Date de création | 1910 - 1912 |
| Domaine | Peinture |
| Technique | Huile sur toile |
| Dimensions | 267 x 406 cm |
| Inscriptions | T.D.S.B.G. : "la Ville de Paris" 1910.11-12 r Delaunay |
| Acquisition | Achat de l'Etat, 1936 |
| Secteur de collection | Arts Plastiques - Moderne |
| N° d'inventaire | AM 2493 P |
Analyse
Conçue pour le Salon des Indépendants de 1912 où elle est présentée (mars-mai, n° 368), La Ville de Paris (cat. rais. n° 100) affiche, par son format monumental et sa richesse iconographique, les ambitions de Robert Delaunay. La composition se lit de gauche à droite, comme un collage réemployant des motifs récurrents de son œuvre (vue de Paris et tour Eiffel). Ils sont juxtaposés à un thème inédit chez lui, celui des Trois Grâces, dans un déroulé en accéléré, qui résume son passage du cubisme à l’abstraction par le biais des contrastes simultanés. La peinture accumule les citations et les emprunts stylistiques : à Pompéi, au Greco, à Cézanne, à l’autoportrait Moi-même – portrait paysage (1890) de son maître le Douanier Rousseau. L’écart entre le sujet moderne de la tour Eiffel et le sujet classique des Trois Grâces (qui sont étudiées en détail dans une série d’aquarelles et d’huiles) pourrait laisser penser à un manifeste en faveur d’une synthèse entre l’ancien et le nouveau si le trio féminin ne faisait pas explicitement référence aux Demoiselles d’Avignon (1907) de Picasso, notamment par le caractère primitiviste des visages. Les trois parties de la composition sont unifiées par l’effet de surface des plans miroitants qui font disparaître les formes dans la couleur. « Vision de Paris : transition vers la couleur constructive, état entre le constructif et le destructif. […] Synthèse de la Ville et de la Tour […]. Les nus féminins sont des immeubles, les immeubles, des nus. La grâce ancienne réapparaît : Pompéi ! Mais noyé dans un désir de nouvelle composition » (R. Delaunay, Du cubisme à l’art abstrait, op. cit., p. 62).
Brigitte Leal
Source :
Extrait du catalogue Collection art moderne - La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne , sous la direction de Brigitte Leal, Paris, Centre Pompidou, 2007
