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Matières d'images

Exposition

L’exposition « Matières d’images » rassemble les œuvres contemporaines de plasticiens et vidéastes (Nicolas Gourault, Peter Hutton, Alice Lenay, le collectif Fossilation, Michelangelo Frammartino, Lia Giraud, Jacques Perconte…), dans un jeu de confrontations entre photographie argentique et image numérique traquant les signes de l’avenir dans les mutations du paysage, éclairés par les incendies géants que les films amateurs documentent dans de nombreuses parties du monde.

Visite de l'exposition

En compagnie de la commissaire et des artistes


Présentation

Les images constatent, témoignent, investissent, dénoncent, accusent irrémédiablement. Elles captent, surveillent, tracent, enregistrent et deviennent de véritables pièces à conviction sur l’état de notre planète. Un flux littéral, qui révèle toujours plus la dégradation de notre environnement et de nos conditions de vie. C’est un nouveau continent qui est né, qui investit notre attention, dessine nos imaginaires, nos peurs, nos fictions et nos avenirs.
Ce ne sont pas de ces images dont il s’agit ici. S’entremêlent des images argentiques, numériques, projetées  sur les murs, un écran, sur de l’eau, une membrane, des images aux matières variées, qui ont comme lien celui de l’observation du monde.
Ainsi l’exposition propose une halte, une brèche, un souffle suspendu à l’image : non celle que l’on voit, mais celle qui manque. Non celle qui n’aurait pas été filmée, mais celle qui augure d’une scène encore à venir, à la manière des prêtres de l’antiquité, qui du bout d’un bâton, tracent dans le ciel un rectangle et y observent un signe qui vient à surgir. 
Ces images laissent présager. Que va-t-il se passer dans les paysages grondants de Peter Hutton, dans les  montagnes en mutations de Jacques Perconte. Que nous révèlent les algues marines appelées « œil véritable » de Lia Giraud ou la caméra embarquée sur le dos d’un animal de Nicolas Gourault, d’une promenade non humaine à ras du sol, d’autres paysages ? d’autres représentations du monde. Que cherchent les mains des sculptrices filmées par Kelly Reichardt dans la terre, cette même terre, écorce de la planète, retravaillée par  les motifs pixélisé et hypnotiques de Nicolas Sassoon et Rick Silva qui enferment une histoire du monde… Dans ces quadrati rectangulaires, la scène qui s’y augure, par définition ne s’y trouve pas encore*.
Les images sont souvent silencieuses, seule la voix de l’artiste chamane numérique, Seumboy Vrainom :€, résonne. Autant d’histoires à suivre, d’une écologie à inventer.

 

*Pascal Quignard, Sur l’image qui manque à nos jours.


Les œuvres