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Rotorelief n°9-Montgolfière/Rotorelief n°10-Cage

1935

Marcel Duchamp

Erreur cent pour cent. Au moins, c’est net.1 

Les Rotoreliefs, conçus en 1935, sont des disques en carton imprimés de motifs figuratifs. Ils sont destinés à être placés sur un tourne-disque ou un dispositif motorisé permettant leur rotation. Cette mise en mouvement crée une illusion optique de profondeur, de volume ou de relief. Depuis son séjour à Buenos Aires en 1918 où il crée à À regarder (l'autre côté du verre) d'un œil, de près, pendant presque une heure, Duchamp s’intéresse aux phénomènes optiques. Il exploite les principes de la persistance rétinienne pour créer une expérience de vision liée au mouvement et qui questionne notre manière de voir. Duchamp poursuit ici ses recherches sur la rotation, les cercles et les spirales déjà présentes dans Anémic cinéma, film expérimental qu'il réalise en 1926 avec Man Ray et Marc Allégret, et qu’il signe du nom de Rrose Sélavy, son alter-ego féminin.
Dans sa lettre du 5 mars 1935 adressée à Katherine S. Dreier, les Rotoreliefs sont qualifiés de « jouets » par Marcel Duchamp et il manifeste son espoir de pouvoir en vendre en grande quantité. Les Rotoreliefs ne rencontrent néanmoins pas leur public lorsque Marcel Duchamp décide de les présenter au concours Lépine où il loue un petit stand. L'artiste trouve pourtant une consolation dans l’intérêt suscité par son invention auprès des opticiens.
Les Rotoreliefs annoncent de nombreuses pratiques comme l’art cinétique ainsi que l’art optique et témoignent de l’influence durable de Duchamp sur l’art moderne et contemporain.

 

1 In Sur Marcel Duchamp, Robert Lebel, ed. Trianon Press, Paris, 1959.


Article

Blandine Étienne, 'Les Rotoreliefs' de Marcel Duchamp

Magazine de la Cinémathèque, 11 mars 2021