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Spectacles / Concerts

Danse, théâtre, musique, performance

La grande salle de spectacles du Centre Pompidou s'ouvre à toutes les scènes, toutes les disciplines, toutes les voix des arts vivants – notamment les plus audacieuses et les plus engagées sur la scène internationale. 

Découvrez le programme de la nouvelle saison !

De toute évidence

 

Les histoires que les artistes nous racontent, personnelles ou universelles, sont au plus près de l'intimité de nos corps, de ces corps résistants, vibrants, qui célèbrent le vivant. Revisiter le passé pour affronter l'avenir. Retrouver l'origine de ce que nous sommes, les rituels, les gestes qui font notre humanité. Chaque jour, réinterroger le sens de nos existences et faire communauté, réinventer une société qui nous ressemble.

Cette quête, les artistes de cet automne la revendiquent : Bouchra Ouizguen, Marlène Monteiro Freitas, Meg Stuart, Noé Soulier, Philippe Quesne, Steven Cohen, Gisèle Vienne.

Ce sont eux qui détiennent ce mystère de la création et c'est eux, de toute évidence, qui nous guideront.


Au programme




Présentation de la saison

Depuis quelques années, nous avons furieusement l’impression de ne plus maîtriser le rythme de notre vie. Cette impression partagée d’accélération frénétique et de décélération brutale révèle un rythme qui ne nous est plus propre et une urgence collective, celle – avec la liberté retrouvée – d’avoir à nouveau le sentiment de contrôler le cours de notre existence. S’il y a quelque chose que les artistes nous enseignent, c’est que les histoires qu’ils nous racontent, qu’elles soient personnelles ou universelles, sont au plus près de l’intimité de nos corps, de ces corps résistants, vibrants qui célèbrent le vivant. Alors comment vous décrire ce qui lie et relie les créations des artistes que nous retrouvons – certains après de longs mois d’absence et de traversées éprouvées – et redécouvrons avec bonheur cette saison ?

 

Si Éléphant de la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen s’ouvre avec un long rituel de nettoyage de plateau, geste méticuleux, chorégraphié, investi, c’est peut-être le symbole d’un recommencement à célébrer. Celui de repartir à l’origine de notre acte de création, de retrouver les premiers cris, les rituels qui font notre humanité. C’est aussi le cas pour Guintche Live de la capverdienne Marlène Monteiro Freitas qui retrouve l’un des premiers solos qu’elle a créés. Cette ébauche d’un personnage qui a vécu et qui s’est révolté, un personnage qui assume ses contradictions et livre son énergie redoublée. Ce solo qu’elle nous offre, revisité, en ouverture du portrait que lui consacre le Festival d’Automne, met à nu l’ADN créatif d’une œuvre qui n’a cessé depuis de nous bousculer et émerveiller. 

 

Pour son retour au Centre Pompidou, Meg Stuart nous embarque avec Cascade – et ses complices de Damaged Goods, les mots de Tim Etchells, la scénographie de Philippe Quesne et la musique live de Brendan Dougherty – dans un immense jeu intergalactique. Sept danseurs se débattent avec une réalité instable, disruptive avec ses espoirs et ses échecs. Tel Sisyphe, ils recommencent leurs gestes, révisent leur positionnement et remettent en question leur vie à chaque mouvement. Comment résister le plus longtemps possible aux rythmes contradictoires et chaotique du présent ? Ensemble, ils cherchent
un nouvel équilibre ; ensemble, ils trouveront, sûrement. 

 

Peut-être que la solution tient à la précision et à la beauté. C’est celle que propose Noé Soulier qui relie mouvement et architecture, ligne de force de ses créations qui déconstruisent, affinent et magnifient les mouvements du quotidien. Pour cette nouvelle création First Memory, avec la complicité du compositeur Karl Naegelen, d’Ictus, et de la plasticienne Thea Djordjadze, il tend à un point de départ vers une autre dimension, une confrontation sublimée à la matière qui nous possède un peu plus chaque instant. Ou alors la réponse réside ironiquement dans l’invocation de la disparition de l’humanité. Avec Fantasmagoria, installation musicale et cabaret spectrale flamboyant pour quinze pianos inquiétés et inquiétants, Philippe Quesne nous invite, de manière hypnotique et fascinante, à nous projeter vers l’au-delà, lorsque les archives de nos sociétés contemporaines seront redécouvertes, lorsque la présence des êtres humains ne sera plus qu’une trace à revisiter. 

 

Steven Cohen, lui, nous met face à la dualité du dedans et du dehors, entre confession intime et projection dans la société. Il nous accueille dans son Boudoir et nous raconte – à travers la mémoire de ses objets, véritables œuvres d’art, redoutablement aimées – geste après geste, son histoire. Il nous fait vivre à travers des films la violence confrontée de ceux qui – uniques – cherchent encore une place dans notre société. Cette violence, on la retrouve sublimée chez Gisèle Vienne avec L’Étang dont Adèle Haenel et Julie Shanahan détiennent le secret, un amour filial distordu, un dédoublement de personnalité et une performance hallucinée où la réalité prends de multiples visages. 

 

Car il faut changer de point de vue, se désaxer, chercher l’absolu, pour se réinventer. Revisiter le passé pour affronter l’avenir. Retrouver l’origine de ce que nous sommes, les rituels, les gestes qui font notre humanité. Chaque jour, réinterroger le sens de notre existence vers un mouvement cathartique commun, et faire communauté, ne jamais se lâcher, pour réinventer une société qui nous ressemble. Cette quête, les artistes présentés cet automne la revendiquent et c’est avec un grand bonheur, une grande radicalité, beaucoup de rêve et de projection que nous les suivront parce qu’ils détiennent ce mystère de la création et c’est eux, de toute évidence, qui nous guideront.


La saison des Spectacles vivants bénéficie du soutien de

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