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Résumé

Jérôme Bindé tire tout d'abord quelques conclusions principales des différentes interventions lors de ce colloque. D'une part, le partage du savoir doit l'emporter sur la partition des savoirs et ce postulat n'est pas impossible car le savoir est par définition partage et partage en actes, comme l'ont montré les différentes interventions. Cette définition du savoir est d'ailleurs validée par les nouvelles pratiques de la science comme le partage entre les sciences, le travail collaboratif, l'importance d'internet, etc.

D'autre part, le savoir apparaît clairement comme un bien public auquel chacun devrait avoir accès librement. Or il existe encore des limitations à cet accès : la croissance du secret, l'extension des régimes de propriété intellectuelle, la fracture numérique et la fracture de la connaissance.

Il va donc falloir constituer des sociétés du savoir à la fois pluralistes, participatives et qui incluent au lieu d'exclure : elles seules pourront relever les défis du développement et de mettre en valeur tout le potentiel du savoir comme partage afin de résoudre les problèmes mondiaux majeurs (pauvreté, changements climatiques...).

Enfin, la question du partage du savoir est aussi profondément politique. Elle pose la question de l'évolution même de la démocratie. Pour Jérôme Bindé, la démocratie prospective serait la mieux à même de traiter cette question.

André Capron rappelle tout d'abord que savoir, recherche et innovation constituent les facteurs essentiels du progrès économique et social. Or le partage du savoir est extremement inégal, que ce soit entre les pays riches et les pays pauvres, mais aussi au sein même des pays développés. Une démarche apparaît donc essentielle, mettre au point des stratégies d'amélioration de ce partage. Or il faut une appropriation préalable pour qu'il y ait partage ce qui nécessite des stratégies éducatives fortes, le déploiement d'une politique d'éducation durable visant à insérer dans toutes les sociétés l'éducation scientifique de base.

La seconde remarque d'André Capron souligne le rôle essentiel que jouent les sociétés de l'information et en particulier celles qui visent à diffuser le plus largement possible les savoirs scientifiques de base. Or nous assistons aujourd'hui à la naissance d'une nouvelle société : celle du divertissement. André Capron propose donc d'utiliser à des fins de pénétration et de diffusion du savoir ces nouveaux supports de divertissement.

Information complémentaire

Colloque, Grande salle, Centre Pompidou, 14/05/2007

Intervenants Jérôme Bindé
André Capron