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Résumé

Au-delà du simple récit de propagande ou de la fable sur le cinéma que nous raconte le film, Jean-Louis Comolli propose une analyse du film où le cinéma parvient à subjectiviser les masses, individualiser les foules en les rendant conscientes du monde que le cinéma leur montre.

Cet enjeu d'individualisation des masses est bien entendu politique, mais Dziga Vertov proclame aussi à travers ce film une histoire du regard. Démontrant par le choix de ses sujets et de ses scènes que le cinéma seul peut exacerber le visible, rendre l'impossible du monde possible, il déplie également dans "L'homme à la caméra" toutes les illusions et techniques du cinéma dans une mise en abime récurrente.

Jouant avec l'arrêt sur image, Dziga Vertov montre comment le cinéma, par le mouvement, donne vie au monde. Mais cette toute puissance du cinéma trouve cependant deux limites illustrées par le film lui-même : tout est illusion au cinéma et le spectateur le sait même s'il accepte d'y croire ; le cinéma dépasse les possibilités de l'oeil mais, s'il le sature, finit par l'épuiser.

Information complémentaire

Projection - Conférence, Cinéma 2, Centre Pompidou, 04/02/2008

Intervenants Jean-Louis Comolli