Aller au contenu principal

Art et collectif

Le terme « collectif » vient du latin collectivus qui signifie « rassemblé ». Comment les artistes parviennent-ils à créer du lien social, à créer ensemble et à nous rassembler ? Pourquoi les artistes se sont rassemblés pour créer à plusieurs, ou avec le public ? En 5 épisodes, la nouvelle saison de « Un podcast, une œuvre » aborde cinq œuvres qui permettent d’éclairer ces questions. 

Francis Picabia

L’Œil cacodylate, 1921

 

Dans ce premier épisode de la série « Art et collectif », L’Œil cacodylate, un tableau de Francis Picabia de 1921, une toile recouverte d’écritures et de signatures, nous emmène dans le tourbillon artistique du début des années folles. Dada enflamme le climat artistique parisien et Picabia, par cette œuvre étonnante, s’en fait le témoin. Mais l’écho est désormais séculaire et l’histoire semble avoir perdu la trace de certains et certaines artistes. Grâce à l’intervention de deux professeures de la Sorbonne, Agathe Mareuge et Anne Tomiche, nous (re)découvrons trois signataires, actrices oubliées de la scène artistique moderne : la poétesse Céline Arnault, la peintre Suzanne Duchamp et la théoricienne Gabrielle Buffet.

Écriture et réalisation : Delphine Coffin 
Montage : Théo Adau
Mixage : Ivan Gariel

Voix : Malika Berrichi et Florian Hutter
Avec la participation de Catherine Lascault, Agathe Mareuge et Anne Tomiche
Habillage sonore : Nawel Ben Kraiem et Nassim Kouti


Susan Hefuna

Vitrines of Afaf, 2007

 

En 2007, l’artiste Susan Hefuna part à la rencontre des mères, sœurs ou épouses des travailleurs de la galerie où elle expose, au Caire. Chacune lui offre un objet qui lui est cher, exposé dans des vitrines ambulantes, dans la rue. Dans ce podcast, l’artiste nous raconte son processus de création. En parallèle, Fatima Ouassak, militante au syndicat Front de Mères et autrice du livre La puissance des mères (éditions La Découverte), parle de son expérience du collectif, de la nécessité, en tant que femme isolée, de s’organiser collectivement pour exister dans l’espace public.

Écriture et réalisation : Clara Gouraud

Doublage : Astrid Adverbe
Montage, mixage : Antoine Dahan
Avec la participation de Susan Hefuna, Fatima Ouassak et Catherine Lascault
Habillage musical de Nawel Ben Kraïem et Nassim Kouti
Extraits musicaux : Oum Kalthoum, Enta Omri ; Achraf Kallel ft. Omnia Soliman, Enta Omri ; Fairouz, Aloula ; Youssra El Hawary, El Soor ; Leslie Gore, You don’t own me ; Dalida, Helwa ya Baladi.


La Monte Young

An Anthology of Chance Operations, 1963

 

An Anthology of Chance Operations est la première publication collective d'artistes qui feront partie de Fluxus, à l’invitation du musicien expérimental La Monte Young. Cette œuvre met à l’honneur la dynamique des hasards, la musique expérimentale et les concepts de non-détermination. Fluxus est un mouvement artistique international et pluridisciplinaire qui défend avant tout un état d'esprit malicieux et contestataire inspiré par Dada. Ces artistes espèrent mettre en doute la figure de l’artiste solitaire et son « génie ». Peu à peu, ils s’organisent matériellement pour défendre leur manière de créer et de vivre dans des mouvements de coopérative d’artistes, les « Fluxhouses », des immeubles possédés et gérés collectivement dans les anciennes aires industrielles de New York. 60 ans plus tard, quel est l’héritage artistique et urbain de Fluxus dans les métropoles d'Amérique du Nord ? 

Écriture et réalisation : Julie Micheron 
Production : Clara Gouraud 
Montage : Léo Chardron 
Mixage : Ivan Gariel
Habillage musical : Nawel Ben Kraïem et Nassim Kouti 
Avec la participation de Karine Savard, Olivier Font, Gabriel Acremant, Maïa Foucault, Vincent Micheron et Romain V. 
Extraits musicaux : Fontana Mix et Sonatas IV et VI (dans Sonatas and Interludes for prepared piano - Boris Berman) de John Cage, Midsummer New York de Yoko Ono, Persian Surgery Dervishes et A Rainbow In Curved Air de Terry Riley, Poem for Chairs, Tables, Benches, Etc. de La Monte Young. 


Allan Kaprow

Rearrangeable panels, 1957-1959

 

La participation est un principe central du travail d’Allan Kaprow. Rearrangeable Panels, vestige du décor du célèbre Eighteen Happenings in Six Parts de 1959, témoigne de sa volonté de confondre l’art et la vie et d’intégrer les spectateurs. Cet épisode donne à entendre l’artiste Jean-Jacques Lebel, ami de Kaprow et expert de l’histoire du happening, ainsi que le critique d’art Paul Ardenne à propos des artistes contemporains qui cherchent à renforcer le tissu social par leurs propositions d’art participatif dans l’espace public.

Écriture et réalisation : Alice Maxia et Florence Sayag-Morat
Enregistrement : Ivan Gariel 
Montage et mixage : Antoine Dahan 
Avec la participation d’Élisa Hervelin, Jean-Jacques Lebel et Paul Ardenne
Habillage musical : Nawel Ben Kraïem et Nassim Kouti
Extraits musicaux et sonores : The Dave Brubeck Quartet, Pick up Sticks, 1959 ; John Cage, Concerto for Piano and Orchestra, 1958 (interprété par l’Orchestre philharmonique de la Radio flamande, 2006) ; John Cage, Water Music, 1952 (adapté et interprété par Luís Bittencourt, 2012) ; George Russell, A Helluva Town, 1959 ; Bod Dylan, Subterranean Homesick Blues, 1965 ; Allan Kaprow, How To Make A Happening, 1966 ; Helena Polka, Frank Yankovic & His Yanks, The All Time Great Polkas, 1959 ; Queen Latifah, U.N.I.T.Y., 1993


Guerrilla Girls

Portfolio complet, 1985-2006

 

En 2022, la Bibliothèque Kandinsky fait l’acquisition de l’ensemble des affiches des Guerrilla Girls. Ce collectif de femmes artistes et activistes anonymes s’est constitué en 1985 à New York pour lutter contre le sexisme et le racisme dans le monde de l’art.

Ce podcast revient sur leur histoire, leur mode opératoire et leurs revendications. Leur travail est mis en perspective par l’historienne de l’art Véronique Goudinoux, qui retrace les collaborations entre artistes à travers les siècles, et par le collectif Collages Féministes Lille, dont les actions militantes actuelles rappellent les campagnes d’affichage urbain des Guerrilla Girls. 

Écriture et réalisation : Célia Cretien
Montage : Antoine Dahan 
Enregistrement et mixage : Ivan Gariel 
Voix : Malika Berrichi, Clara Gouraud, Flore Martel, Sarah Mazri, Chloé Quentin, Alizée Sabouraud, Ana Stenne
Habillage musical : Nawel Ben Kraïem et Nassim Kouti 
Avec la participation de Véronique Goudinoux, le collectif Collages Féministes Lille et Elisa Hervelin-Fedeli
Extraits musicaux : Pussy Riot, Panic attack ; Bikini Kill, Rebel Girl ; Tacocat, Men explain things to me ; Soul of Bear, Mansplaining ; Austra, Change the paradigm