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Colloque Elles font l’abstraction

Une autre histoire de l'abstraction au 20e siècle

19 – 21 mai 2021

En lien avec l’exposition « Elles font l’abstraction » (Centre Pompidou, 19 mai – 23 août 2021)

 

Co-organisateurs : 

  • Association AWARE : Archives of Women Artists, Research and Exhibitions
  • Centre Pompidou
  • Laboratoire d'études de genre et de sexualité (LEGS – Paris 8 Vincennes Saint-Denis/Paris Nanterre)

Avec le support de la ComUE Université Paris Lumières (UPL)

Avec le soutien de Catherine Petitgas

 

Invitées d'honneur :

Adrienne Edwards, Briony Fer, Harmony Hammond et Griselda Pollock


Retrouvez ici le programme complet du colloque, ainsi que les captations vidéos des trois journées.

Plusieurs contributions ont fait l'objet d'une publication dans le n°159 des Cahiers du Musée national d'art moderne, publié au printemps 2022. 

 

English version with videos and transcriptions on this page


Mercredi 19 mai 2022

Session I

10h00

  • Mot d’accueil de Serge Lasvignes, président du Centre Pompidou
  • Introduction par Christine Macel, commissaire générale de l’exposition « Elles font l’abstraction », Centre Pompidou
  • Introduction par Camille Morineau, co-fondatrice et directrice d’AWARE : Archives of Women Artists, Research and Exhibitions

10h30

Invitée d’honneur, Griselda Pollock
L’esthétique de l’abstraction et la question de la différence : questions enchevêtrées

Qu’a représenté la condition socioculturelle moderne pour les artistes qui ont cherché à redéfinir la condition et les subjectivités de la femme et des femmes ? L’émergence et la divergence de l’abstraction ont-elles été le fruit d’une ou de différences articulées d’un point de vue formel et esthétique ? Doit-on comprendre l’« abstraction » elle-même comme un questionnement sur l’art et un dépassement des formulations figuratives héritées du passé et co-créées de manières distinctes par les femmes et les hommes ?

 


Griselda Pollock est professeure émérite en histoire sociale et critique de l’art à l’University of Leeds. Elle est théoricienne et historienne de l’art féministe/postcolonial/queer/international, et autrice de nombreux ouvrages et articles sur l’art moderne et contemporain, ainsi que sur la théorie psychanalytique de l’esthétique.


11h00

L’abstraction d’après-guerre : action et transmission

Modération : Éric de Chassey


11h05

Izumi Nakajima
Anti-action : peintures abstraites d’après-guerre par des artistes femmes japonaises

Cette communication présente les pratiques abstraites de femmes artistes japonaises des années 1950 au début des années 1960 à travers l’étude du cas d’Atsuko Tanaka (1932–2005). L’œuvre de cette artiste constitue une critique de la peinture abstraite d’après-guerre, généralement caractérisée par une esthétique masculine. La notion d’« anti-action » fait office d’outil comparatif entre les femmes artistes contemporaines, qui ont mis en avant leur originalité à travers l’abstraction, et leurs homologues masculins, dont le travail a souvent été considéré comme dérivé de l’action painting américain.

 


Izumi Nakajima est spécialiste du féminisme, de l’histoire de l’art et de l’art contemporain japonais. Elle obtient un doctorat à l’Université Hitotsubashi en 2013. Elle est actuellement maîtresse de conférences à l’Université d’Osaka. Elle est l’autrice de plusieurs ouvrages, dont Anti-action: Post-War Japanese Art and Women Artists (Brücke, 2019).


11h30

Felix Vogel, Maja Wismer
Charmion von Wiegand et la peinture abstraite : le paradoxe de la transformation

Que ce soit en tant que peintre, critique d’art, commissaire d’exposition ou présidente de l’organisation American Abstract Artists, Charmion von Wiegand (1896–1983) s’intéressait principalement à l’histoire, au sens et à la transformation de l’abstraction. Bien que son œuvre soit présente dans les plus grandes collections, elle reste pourtant quasiment méconnue du grand public. Cette communication met en lumière le parcours de Charmion von Wiegand en tant qu’actrice de l’histoire de l’art abstrait aux États-Unis, ainsi que son exploration picturale de l’abstraction et les raisons de son absence au sein des canons du genre. 

 


Felix Vogel est professeur de sciences de l’art à Universität Kassel et à l’Institut documenta. Il est titulaire d’un doctorat en histoire de l’art à Universität Freiburg. Son projet de recherche actuel s’intitule Art & Language: Theory – Practice – Display
Maja Wismer est directrice du département des arts après 1960 au Kunstmuseum Basel. Elle a dirigé la monographie Charmion von Wiegand. Expanding Modernism (Prestel, 2021) et a été commissaire de l’exposition correspondante au Kunstmuseum Basel. 
 


11h50

Questions
12h15

Fin de la Session I


Mercredi 19 mai 2021

Session II

14h00

Expérimentations : la fabrique de l’abstraction

Modération : Valérie Da Costa
 
14h05

Max Boersma
Les géométries dégenrées de Hannah Höch

Dans une série de collages des années 1920, Hannah Höch (1889–1978) questionne l’approche genrée du cubisme et de l’art abstrait en faisant usage de la couture et de motifs de broderie, alors même que ces formes d’artisanat domestiques négligées avaient contribué à sauver de la faillite le plus grand éditeur de la république de Weimar. En jouant ainsi avec les hiérarchies de genre liées aux techniques de création, l’artiste repense l’abstraction en termes d’analyse critique et de déconstruction. 

 


Max Boersma est doctorant à Harvard University spécialisé dans l’art du 20e siècle. Il est titulaire d’un master d’histoire de l’art au Williams College et obtient une bourse de recherche Fulbright en 2021 pour effectuer un séjour d’études à Berlin. 


14h30

Elena Di Raddo
Carla Badiali, Cordelia Cattaneo, Carla Prina : la contribution des artistes de Côme à l’abstraction italienne dans l'entre-deux-guerres

Carla Badiali (1907–1992), Cordelia Cattaneo (1921–1958) et Carla Prina (1911–2008), qui étaient impliquées à Côme dans les années 1930 dans le groupe d'artistes abstrait(e)s gravitant autour de la Galleria del Milione à Milan et qui ont contribué à la fondation du Gruppo Futuristi Primordiali Sant'Elia (1941), ont fait preuve d’une autonomie et d’une originalité dans leur recherche, ainsi que d’un intérêt dans les arts appliqués.

 


Elena Di Raddo est professeure associée d'histoire de l'art contemporain à l’Università Cattolica del Sacro Cuore in Milan and Brescia et membre du comité directeur du CRA.IT (Centre de recherche pour l'art abstrait italien).


14h55

Róna Kopeczky
Les mains dans le noir : la pratique photographique expérimentale de Katalin Nádor (1963-1979)

À travers sa pratique photographique, qu’elle développe de 1963 à la fin des années 1970, Katalin Nádor (1938–2018) cherche à identifier les structures communes à l’art et à la nature au moyen de réductions géométriques programmées. Par son utilisation de l’agrandissement, de la superposition, du pliage, de la transparence, de l’opacité et des effets de lumière, la photographe cherche à brouiller les pistes entre l’objet et la genèse de ses compositions joyeusement abstraites. 

 


Róna Kopeczky a été commissaire d’exposition déléguée à l’art international au Ludwig Museum de Budapest de 2006 à 2015. En 2015, elle rejoint l’ABC Gallery en qualité de directrice artistique. Elle est également cofondatrice du projet Easttopics. R. Kopeczky est titulaire d’un doctorat d’histoire de l’art à la Sorbonne. 

 


15h15

Questions
15h45

Pause



16h00

Invitée d’honneur, Briony Fer

Modération : Eleni Pantelaras

Cette communication examine les conséquences théoriques des temporalités multiples de l’abstraction à travers l’œuvre de trois artistes : Sophie Taeuber-Arp (1889–1943), Louise Bourgeois (1911–2010) et Bice Lazzari (1900–1981). Chez ces artistes, l’usage du textile devient un déclencheur de configurations temporelles inédites et plus exhaustives, souvent condensées dans des œuvres de tailles relativement petites. Cette analyse cherche à remettre en question les enjeux qu’implique la réévaluation d’un siècle d’art abstrait par les artistes femmes du point de vue de la chronicité du temps et dans le contexte d’une époque marquée par la pandémie.

 


Briony Fer est professeure d’histoire de l’art à l’University College London et membre de la British Academy. Elle est l’autrice de nombreux textes sur l’abstraction, notamment sur les artistes femmes dans l’histoire de l’art abstrait.


16h30
Questions
17h00
Fin de la Session II


Jeudi 20 mai 2021

Session III

10h00

Au-delà de la peinture : théorie, art textile et danse

  • Mot d’accueil de Jean-Max Colard, chef du service de la parole/département culture et création du Centre Pompidou
  • Introduction par Orianne Castel, doctorante en philosophie à l’Université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis

 

10h15

Marion Sergent
Abstraction des années 1930 : quand les peintres Louise Janin et Laure Garcin se font théoriciennes

Louise Janin (1893–1997) et Laure Garcin (1896–1978) réalisent leurs premières toiles non-figuratives dans les années 1930. Toutes deux à Paris durant l'entre-deux-guerres, elles ont en commun une production théorique importante. Au-delà d'une valorisation de deux figures peu connues, l'étude de leurs textes ouvre une réflexion sur la situation de l'art abstrait dans les années 1930 : faut-il assimiler abstraction et non-figuration ?

 


Marion Sergent est docteure en histoire de l'art contemporain de Sorbonne-Université. Après une thèse sur Les artistes musicalistes : théories et pratiques d'une union des arts (1932-1960), elle publie un ouvrage sur Louise Janin aux éditions Hippocampe-collection École des modernités.

 



10h40

Franny Tachon
Sororité, textile et abstraction : les manifestations « Espace cousu » et « Couture-Peinture » d’Aline Dallier-Popper (1976–1977)

Organisant à partir de 1975 des expositions collectives intitulées « Féminie » à l’Unesco, le collectif féministe français Dialogue s’engage à lutter contre l’invisibilisation du travail des plasticiennes sur la scène artistique parisienne. Cette communication se propose de revenir sur l’appréhension de l’abstraction dans le champ de l’art textile par ce groupe grâce au travail critique d’Aline Dallier-Popper (1927–2020).

 


Diplômée de l’École du Louvre, Franny Tachon soutient en 2019 son mémoire de recherche Les trois premières manifestations du groupe Dialogue : « Des expositions de femmes, pour quoi faire ? » Elle prépare actuellement le concours de conservateur du patrimoine.

 



11h05

Lou Forster
Danser page à la main. Incorporer l’abstraction dans la Lucinda Childs Dance Company, 1973–1978

Les pièces minimales développées par la chorégraphe Lucinda Childs (1940–) au début des années 1970, reposent sur une figuration abstraite du mouvement dans l’espace. Conçus pour et du point de vue des interprètes, ses croquis de parcours au sol sont un biais singulier d’incorporation de la danse, enjeu sur lequel reviendra cette communication.

 


Lou Forster est doctorant à l’École des hautes études en sciences sociales, sous la direction de Béatrice Fraenkel (EHESS) et Carrie Lambert-Beatty (Harvard University). Il y déploie une anthropologie historique de la compagnie de Lucinda Childs, attentive aux techniques permettant le développement de la danse minimale. 


11h25
Questions
11h45
Fin de la Session III


Jeudi 20 mai 2021

Session IV

14h00

Étendre les horizons : une abstraction globale

Modération : Matylda Taszycka
 
14h05

Mary Angela Schroth
Bertina Lopes : un voyage continu dans l’art, la politique et l’Afrique

Bien qu’étant souvent décrite comme la « mère de la peinture contemporaine africaine », Bertina Lopes (1924–2012) reste pourtant assez peu connue à l’international. Après des études d’art à Maputo puis à Lisbonne, elle s’installe à Rome en 1964, où elle peint et expose tout au long de sa vie. Son engagement pour la libération politique du Portugal et, plus tard, du Mozambique, ainsi que son rôle dans le processus de paix faisant suite aux 17 années de guerre civile dans son pays natal, sont historiques. 

 


Mary Angela Schroth dirige l’espace artistique à but non-lucratif Sala 1 à Rome depuis 1985. Elle fait ses débuts sur la chaîne CBS News à New York de 1971 à 1977, puis fonde l’espace Nouveau Mixage à Caen avec l’artiste Joël Hubaut en 1979. Elle est présidente de la Fondazione Salvatore Meo et consultante pour les musées du Vatican. 

 



14h30

Marie-Dominique Gil
Au-delà des canons : l'abstraction selon Zarina Hashmi

Née en 1937 en Inde, Zarina Hashmi (1937–2020) décline une œuvre abstraite tout à la fois géométrique et organique qui s’inspire des motifs décoratifs musulmans de son enfance. Résolument originale, sa pratique questionne profondément les canons tant de l’histoire de l’art traditionnelle que ceux érigés par les nouvelles théories féministes américaines depuis le début des années 1970.

 


Diplômée de l’École du Louvre, Marie-Dominique Gil est chargée de cours et doctorante en contrat de thèse à l’université Paris 8. Elle a travaillé au Centre Pompidou en tant qu’assistante au commissariat d'exposition, avant de rejoindre le Laboratoire d'études sur le genre et la sexualité (LEGS). 

 



14h55

Mariola V. Alvarez
Abstraction diasporique : Tomie Ohtake et l’art brésilien

L’art abstrait de Tomie Ohtake (1913–2015) se situe à l’intersection de l’art japonais, des réflexions brésiliennes sur le concrétisme et l’art informel, et des mouvements internationaux. En tant que femme artiste abstraite issue de l’immigration extrême-orientale au Brésil, Tomie Ohtake n’entre pas dans le moule occidental de la création artistique et déstabilise la notion du « national » qui structure l’histoire de l’art. L’analyse de son œuvre sous l’angle théorique de la diaspora témoigne des manières dont son travail échappe à toute catégorisation. 

 


Mariola V. Alvarez est maîtresse de conférences en histoire de l’art à la Tyler School of Art and Architecture au sein de la Temple University. Elle est titulaire d’un doctorat de l’University of California, San Diego. Elle a codirigé l’ouvrage New Geographies of Abstract Art in Postwar Latin America (Routledge, 2019).


15h20

Invitée d’honneur, Adrienne Edwards
Sent by History: Ornamental Thickness in Four Variations

Cette communication analyse la manière dont l’élément décoratif a évolué et a été repensé dans les œuvres abstraites de quatre femmes artistes noires travaillant en Amérique du Nord, en Afrique et en Europe du début des années 1990 à nos jours : Julie Mehretu (1970–), Denyse Thomasos (1964–2012), Wangechi Mutu (1972–) et Ellen Gallagher (1965–). Adrienne Edwards aborde ici les manières dont ces artistes utilisent l’épaisseur comme élément décoratif dans leurs peintures, performances, vidéos et installations, afin de mettre en lumière les aspects coagulés et charnus de l’abstraction.

 


Adrienne Edwards est directrice de la collection de la famille Engell Speyer, conservatrice en chef du Whitney Museum of American Art de New York et commissaire pour la Whitney Biennial de 2022. Elle a participé au commissariat d’exposition pour Performa (New York) et a été commissaire d’exposition attachée au Walker Art Center de Minneapolis. A. Edwards a également enseigné l’histoire de l’art et les arts visuels à la New York University et au sein de la New School, et a contribué aux ouvrages African American Art World et Black Modernisms, publiés par le Centre d’études supérieures des arts visuels de la National Gallery of Art.


15h50
Questions
16h20
Pause


16h30

Faire abstraction : reconnaissance et réévaluations

Modération : Christine Macel
 

16h35

Eleanor Nairne
« Une sacrée bonne peintre, merci » : découvrir et redécouvrir Lee Krasner

Bien que Lee Krasner (1908–1984) soit une pionnière de l’expressionnisme abstrait, son œuvre a pâti de ses multiples découvertes et redécouvertes. Dans les années 1940, les galeries commerciales de New York ne présentent que rarement des travaux de femmes, là où les critiques d’art émergents des années 1950 s’intéressent davantage aux nouvelles générations de femmes artistes. Pour Lee Krasner, l’exposition s’avère être un mécanisme crucial, à la fois pour faire évoluer le discours et pour entretenir sa réputation. 

 


Eleanor Nairne est commissaire d’exposition à la Barbican Art Gallery et collaboratrice de la London Review of Books et du New York Times. Sa prochaine exposition, « Hesse/Wilke: Erotic Abstraction », se tiendra au printemps aux Acquavella Galleries de New York. 

 



17h00

Orianna Cacchione
Deux femmes à Hangzhou : une autre histoire de l’art abstrait en Chine

En Chine à l’ère post-Mao, ’85 Art New Wave (’85 meishu xinchao) était un mouvement radical, expérimental et avant-gardiste. Pourtant, son histoire n’a été écrite que d’un point de vue masculin, et sur des artistes masculins. Cette communication remet en question cette exclusion des femmes en abordant le rôle qu’ont joué deux artistes femmes – Wang Gongyi (1946–) et Shi Hui (1955–) – dans le développement de l’art abstrait.

 


Orianna Cacchione est commissaire d’exposition au département d’art contemporain international du Smart Museum of Art au sein de l’University of Chicago. À travers sa pratique académique et curatoriale, elle s’engage à diversifier les canons de l’art contemporain afin de s’adapter aux nouvelles circulations de l’art et des idées. 


17h25

Cecilia Fajardo-Hill
Ses abstractions : modernismes élargis

Cette communication propose d’étendre la notion d’abstraction au-delà de celle de l’abstraction géométrique, et d’y inclure des pays qui ne figurent pas dans les canons établis. Deux points de vue sont généralement négligés : la mise en dialogue de l’abstraction avec l’architecture et les textiles de l’époque préhispanique, ainsi que l’art et les cultures autochtones et africaines ; et le lien entre l’abstraction et le corps, ainsi que la participation du spectateur qui, souvent, fait le lien entre l’abstraction, l’art conceptuel et la performance.

 


Cecilia Fajardo-Hill est une historienne de l’art et commissaire d’exposition britannico-vénézuélienne spécialiste de l’art latino-américain. Elle est titulaire d’un doctorat d’histoire de l’art à l’University of Essex, Royaume-Uni. Elle a participé au commissariat de l’exposition « Radical Women: Latin American Art, 1960–1985 » au Hammer Museum de Los Angeles. 


17h45
Questions
18h15
Fin de la Session IV


Vendredi 21 mai 2021

Session V

14h00

Découvertes et redécouvertes

  • Introduction par Orianne Castel, doctorante en philosophie à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis 

 

14h15

Talia Kwartler
Abstractions dansantes : Suzanne Duchamp et Sophie Taeuber-Arp

Cet article s’appuie sur les travaux de Christine Macel et Emma Lavigne afin d’explorer le lien entre les œuvres de Suzanne Duchamp (1889–1963) et de Sophie Taeuber-Arp (1889–1943) à travers l’art de la danse. Nouer un dialogue entre ces deux artistes par l’intermédiaire de la danse permet de mieux comprendre la pluridisciplinarité de leurs pratiques, et la manière dont celle-ci a pu accroître le potentiel radical de l’abstraction au sein du dadaïsme. 

 


Talia Kwartler est doctorante en histoire de l’art à l’University College London, où elle achève actuellement sa thèse, Suzanne Duchamp Does More Intelligent Things Than Paint (« Suzanne Duchamp ne fait pas que peindre : elle fait des choses bien plus intelligentes »), sous la direction de Briony Fer.

 


 

14h40

Elisa Genovesi
L’auto-découverte de Bice Lazzari au nom de l’abstraction

Connue pour son travail dans le domaine de l’artisanat, Bice Lazzari (1900–1981) se met à explorer un savant lexique abstrait dès la seconde moitié des années 1920. Cette communication donne une analyse détaillée des difficultés auxquelles faisaient face les femmes qui souhaitaient se consacrer à une carrière artistique dans l’Italie du 19e siècle. 

 


Elisa Genovesi est diplômée en histoire de l’art à l’université de Rome, avec un mémoire de licence sur Jasper Johns et un mémoire de master sur les peintres divisionnistes. Ses recherches de doctorat portent sur le travail didactique de Toti Scialoja.

 



15h05

Ayelen Pagnanelli
Abstractions genrées à Buenos Aires

Dans l’immédiat après-guerre, Buenos Aires était l’une des capitales de l’abstraction géométrique. Bien que cette période de production artistique ait été largement étudiée, on constate cependant une quasi-absence de perspectives féministes sur le sujet. Cette communication analyse la manière dont les pratiques genrées ont impacté la participation et la visibilité des femmes artistes dans les mouvements abstraits argentins des années 1940 et 1950, tels que Madí, Asociación Arte Concreto-Invención et Perceptismo. 

 


Ayelen Pagnanelli est doctorante boursière du Consejo Nacional de Investigaciones Científicas y Técnicas (CONICET, Conseil national argentin de la recherche scientifique et technique). Sa thèse, qu’elle développe à l’Universidad nacional de San Martín (CIAP-UNSAM) examine les problématiques de genre et de sexualité dans les milieux artistiques abstraits de Buenos Aires de 1937 à 1963.

 



15h25

Questions
15h45

Fin de la Session V


Vendredi 21 mai 2021

Session VI

16h30

Abstraction collective : créations collaboratives

Modération : Marie Chênel
 
16h35

Jelena Stojkovic
La nature éphémère de l’enluminure : l’art abstrait des artistes femmes en ex-Yougoslavie

Cet article aborde les travaux de Mira Brtka (1930–2014) et Milena Čubraković (1924–2004) dans le contexte d’Illumination (1967–1971), un collectif international basé à Rome et constitué de peintres travaillant dans le domaine de l’abstraction et de la non-figuration. Il analyse la place de ces deux artistes en tant que femmes originaires d’ex-Yougoslavie, notamment au regard de la préférence du groupe pour des formes éphémères de création artistique. 

 


Dr Jelena Stojković est historienne de l’art et critique. Elle est l’autrice de Surrealism and Photography in 1930s Japan: The Impossible Avant-Garde (2020) et maîtresse de conférences en photographie et études critiques à l’Oxford Brookes University. 

 



17h00

Daniel Belasco
Images de théories : abstraction et féminisme radical aux États-Unis

En tant que commissaire d’exposition, fondatrice de l’Institute of Contemporary Art de Philadelphie et future militante féministe, Ti-Grace Atkinson (1938–) privilégie l’abstraction comme moyen de traduire l’essence d’une idée. Son ouvrage Amazon Odyssey (1974) illustre cinq années de polémiques diverses à travers l’imagerie symbolique de Barbara Nessim (1939–). Cet « objet d’art » narratif fournit un cas d’étude intéressant dans l’analyse des interactions entre l’art abstrait et le féminisme radical aux États-Unis. 

 


Daniel Belasco est historien de l’art et directeur exécutif de l’Al Held Foundation à New York. Il est titulaire d’un doctorat à l’Institute of Fine Arts de New York et travaille actuellement sur un ouvrage consacré aux femmes artistes de la moitié du 20e siècle aux États-Unis. 


17h25

Rachel Middleman
Artistes en dialogue : Sonia Gechtoff et Jay DeFeo dans le San Francisco des années 1950

Le lien qui unit Jay DeFeo (1929–1989) et Sonia Gechtoff (1926–2018) donne un bon exemple de la façon dont les réseaux d’artistes de San Francisco dans les années 1950 ont pu encourager les carrières et la créativité des femmes. Les parallèles visuels entre les œuvres abstraites que ces deux artistes ont créées lorsqu’elles étaient voisines indique la présence d’un dialogue autour de leurs préoccupations esthétiques lors d’une période de production intense. 

 


Rachel Middleman est maîtresse de conférences en histoire de l’art à la California State University de Chico. Elle est l’autrice de Radical Eroticism: Women, Art, and Sex in the 1960s (2018). Elle a également contribué par des essais aux deux ouvrages In the Cut: The Male Body in Feminist Art (2019) et Women, Aging, and Art (2021). 


17h45

Questions

 


 

18h10

Invitée d’honneur, Harmony Hammond
Entretien avec Elvan Zabunyan

L’entretien avec Harmony Hammond, mené par Elvan Zabunyan, prend appui sur ses œuvres des années 2000 en soulignant le rapport que l’artiste a créé de tout temps entre le corps et la peinture. Pour elle, la peinture est corps, peau, elle permet de panser et de soigner. L’échange portera aussi sur la façon dont l’abstraction a traversé toute sa production des années 1970 à aujourd’hui. 

 


Harmony Hammond est une figure clé du mouvement artistique féministe new-yorkais et la cofondatrice de la A.I.R. Gallery (1972) et de la revue Heresies: A Feminist Publication on Art and Politics (1977). Son œuvre a été exposée aux États-Unis et à l’étranger et est représentée par Alexander Gray Associates, NYC. 
Elvan Zabunyan est historienne d’art contemporain, critique d’art et professeure à l’université Rennes 2. Ses travaux actuels portent sur l’histoire de l’esclavage américain et les arts contemporains. Elle vient de codiriger Constellations subjectives, pour une histoire féministe de l'art (iXe, 2020).


19h00
Questions
19h15
Fin du colloque


Comité scientifique

Musée national d’art moderne – Centre Pompidou :
Christine Macel, conservatrice générale, cheffe du service Création contemporaine et prospective

Karolina Lewandowska, conservatrice, Cabinet de la photographie
AWARE : Archives of Women Artists, Research and Exhibitions :
Camille Morineau, directrice

Matylda Taszycka, responsable des programmes scientifiques
 
Personnalités extérieures :
Éric de Chassey, historien de l’art, directeur général de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA)

Charlotte Foucher-Zarmanian, historienne de l’art, chargée de recherches CNRS – laboratoire LEGS (UMR 8238)

Abigail Solomon-Godeau, critique d’art et commissaire d’exposition
 

Comité d’organisation :

  • Dcc/Service de la Parole – Centre Pompidou :
    Mathieu Potte-Bonneville, directeur ; Jean-Max Colard, responsable ; Christine Bolron
  • Musée national d’art moderne – Centre Pompidou :
    Christine Macel, conservatrice générale, cheffe du service Création contemporaine et prospective ; Laure Chauvelot, chargée de recherche
  • AWARE : Archives of Women Artists, Research and Exhibitions :
    Matylda Taszycka, responsable des programmes scientifiques ; Marie Chênel, responsable des programmes scientifiques par intérim ; Eleni Pantelaras, assistante aux programmes scientifiques ; Fanny Verdier, chargée des contenus numériques
  • Orianne Castel, doctorante en philosophie à Paris 8 (Université Paris 8 – ComUE UPL)

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