Screening and discussion
Programme Yennenga #1
09 Oct 2026
09 Oct 2026

Le réalisateur Alain Gomis propose un programme de projections de films produits par le Centre Yennenga (qu’il a créé à Dakar en 2022). D’abord centre de formation à la post-production, le Centre Yennenga s’ouvre peu à peu à l’écriture et à la réalisation. Il vise à une autonomie éditoriale et de fabrication des films au Sénégal et dans la sous-région. Le Centre Yennenga abrite aussi un ciné-club et des ateliers pour les enfants.
Programme
Samba Sy, Safiétou Thiangho et Samba Sy, Larmes des filaos
Sénégal, 2026, 5 min, vostf
Le film oppose la beauté d’une nature disparue au chaos de l’urbanisation, à travers le regard d’un enfant qui comprend que la bande des filaos était bien plus qu’un terrain de jeu.
Kivu Ruhorahoza et Christian Nyampeta, Murmures
Burkina Faso, 2024, 30 min, vostf
Les états d’âme d’un homme emprisonné. Celui-ci tente, par la danse, de transformer la réalité qui l’entoure, en attendant sa libération et sa possible réinsertion.
Rama Diop et Makhfouss Thiam, L’Homme de la pointe
Sénégal, 2026, 5 min, vostf
Au bord de la mer, Papa Thiome passe ses journées au même endroit, sa ligne à la main. Autrefois, il nourrissait toute la côte grâce à une pêche abondante. Aujourd’hui, face à une mer devenue silencieuse, il attend encore l’arrivée d’un poisson.
Yoro Mbaye, Lees Waxul
Sénégal, 2024, 22 min, vostf
avec Fatou Binetou Kane, Alassane Sy, Madjiguene Ndour
Dans son village où le pain est un luxe, Ousseynou, un ancien pêcheur, n’a que la vente de baguettes rassies – le « fagadaga » – pour subvenir aux besoins de sa famille. L’ouverture de la boulangerie traditionnelle de sa belle-soeur, Nafi, sonne comme un affront pour lui et menace progressivement son commerce.
Malika Adama Gassama et Mamadou Samba Balde, L’Étranger
Sénégal, 2026, 7 min, vostf
Le film met en lumière le parcours de Souleyman Ly. Un homme d’une quarantaine d’années, d’origine guinéenne, qui a dû quitter son pays, sa famille, ses proches en 1998 pour venir s’installer au Sénégal dans l’espoir d’un avenir meilleur. Au-delà de son objectif, Souleyman mène une bataille intérieure que peu voient. Ce sentiment de solitude qui anime bon nombre d’étrangers vivant hors de chez eux. Par le prisme de son quotidien le documentaire explore la vie d’un homme partagé entre deux pays, entre les réalités de l’exil et le rêve de retourner un jour dans son pays natal.
Abdoulaye Sall, Le Dernier Voyage
Sénégal-Mauritanie, 2024, 14 min, vostf
avec Thillo Gacko, Adama Guissé, Moussa Sy
Maodo, la trentaine, est de retour chez lui à Nouakchott après un long voyage. Il reprend son ancien travail de marchand ambulant pour subvenir aux besoins familiaux. Un soir, le jeune père de famille tarde à rentrer, ce qui inquiète profondément sa femme et son fils, qui parcourent la ville de Nouakchott à la recherche d’indices.
« Yoro Mbaye est un réalisateur sénégalais très prometteur, lui aussi issu de Cinébanlieue (plateforme de promotion du cinéma dans la banlieue de Dakar, ndlr). Il est également producteur ,et vient d’achever son premier long métrage. Il fut l’un des premiers participants aux ateliers du Centre Yennenga. Son court métrage Lees Waxul est l’un des rares films dont le personnage principal est peu attachant, ce qui prouve la solidité du réalisateur. Kivu Ruhorahoza, lui, est selon moi la figure de proue du nouveau cinéma rwandais si audacieux. De passage à Dakar pour la biennale d’art contemporain, il réalise Murmures, avec l’artiste visuel Christian Nyampeta. Un très beau film-essai où il invente des récits en baladant sa caméra, et relie les morts aux vivants. Il nous a fait le plaisir de venir mixer son film au Centre Yennenga.
Abdoulaye Sall est issu de la première promotion des monteurs du Centre Yennenga. Pendant cette période, il s’est débrouillé pour réaliser son premier court métrage, Le Dernier Voyage, en Mauritanie, d’où il vient. Très talentueux, il s’attache particulièrement au sujet de la discrimination des populations noires dans son pays ; et ici, sans aucun moyen, adapte son récit à ses capacités de tournage.
Nous présentons enfin quatre courts films documentaires des étudiants et des étudiantes en première année de la seconde promotion du Centre Yennenga : Borom Sarret, de Houleymatou Diogo Diallo et Oumar Fall, Larmes des filaos, de Safiétou Thiangho et Samba Sy, L’Homme de la pointe, de Rama Diopet Makhfouss Thiam, et L’Étranger, de Malika AdamaGassama et Mamadou Samba Balde. Leurs gestes ont été préparés, mais rapides, sans long développement. Par groupe de deux, ils signent des films variés, dans leurs sujets et leurs formes, et montrent l’intérêt principal du lieu : avoir la chance d’écouter cette nouvelle génération et d’apprécier leurs regards sur leur société. » A. Gomis
En présence d’Alain Gomis
« Nous avons créé le centre Yennenga à Dakar en 2022. Ce fut d’abord exclusivement un centre de formation à la post-production, dont les outils manquaient dans toute l’Afrique de l’Ouest, mais il s’ouvre peu à peu à l’écriture et à la réalisation. Il abrite aussi un ciné-club et des ateliers pour les enfants. Cette structure reste fragile et a besoin de soutiens. Le but est de permettre (avec d’autres initiatives) une autonomie éditoriale et de fabrication des films au Sénégal et dans la sous-région (trop souvent dépendants des envies extérieures), des regards indépendants, et immergés dans leur réalité socioculturelle et économique. La question de l’appropriation des modes de fabrication, comme des modes de narration, est ici centrale car la mise à jour d’une grammaire endogène du cinéma, et des sujets qui cherchent une pertinence locale, ne peut passer que par elle. Au Centre Yennenga se développe un cinéma en action, en dialogue avec sa société. Plus de cent films de tous formats ont déjà été accompagnés, nous en présenterons dix, sous forme de trois programmes. » Alain Gomis
14,90€ / TR 8,90€ / TR et Adhérent·e POP' 5,90€
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128 / 162 avenue de France
75013 Paris

When
09 Oct 2026
7pm - 8:40pm