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« Matisse, 1941-1954 », ou l'urgence de créer

Dessins, gouaches découpées, livres illustrés, textiles, vitraux… Au Grand Palais, l'exposition « Matisse, 1941-1954 » met en lumière les prolifiques dernières années de création de l’artiste. Une fois encore, Henri Matisse se réinvente ; jamais il n’aura autant varié les techniques et les supports. L’exposition présente cent quatre-vingts œuvres d’une fraîcheur et d’une vitalité inouïes — dont les grands ensembles exceptionnels, certains réunis pour la première fois. À près de 80 ans, l’artiste est saisi d’une folle urgence de créer. Immanquable !

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D’une envergure inédite en France, l’exposition « Matisse, 1941-1954 » met en lumière les dernières années de création de l’artiste, grand moment de synthèse, de radicalité et d’invention formelle. Elle réunit plus de 300 œuvres qui témoignent de l’élan de création inouïe de l’artiste durant cette période particulièrement foisonnante. À près de 80 ans, Matisse se réinvente à travers le médium de la gouache découpée à travers lequel il renouvelle entièrement son vocabulaire plastique et donne à son art une portée monumentale. Cette exposition conduit le visiteur dans ce dernier grand atelier de Matisse, à travers peintures, série de dessins, livres illustrés, gouaches découpées, textiles et mêmes vitraux qui sont autant de déclinaisons de cet ultime moment de grâce.

 

À près de 80 ans, Matisse se réinvente à travers le médium de la gouache découpée à travers lequel il renouvelle entièrement son vocabulaire plastique et donne à son art une portée monumentale.

 

Réunissant plus de 300 œuvres, dont beaucoup sont inédites en France, l’exposition accomplit la prouesse de présenter des ensembles très rarement vus. Afin de compléter la riche collection du Centre Pompidou, les œuvres sont issues de collections particulières et d’institutions nationales et internationales dont le Hammer Museum, le MoMA, la National Gallery of Art de Washington, la Fondation Barnes, la Fondation Beyeler et la Solow Foundation.

 

Y sont présentés les ensembles essentiels de cette période : la magistrale et ultime série des peintures des Intérieurs de Vence de 1946-1948, l’album Jazz et sa maquette, la série des Dessins. Thèmes et Variations, les dessins au pinceau et à l’encre, les principaux éléments du programme de la chapelle de Vence, les panneaux monumentaux La Gerbe, Les Acanthes, L’Escargot et Mémoire d’Océanie, et, exceptionnellement réunies, les grandes figures en gouache découpée, comme La Tristesse du roi, Zulma, Danseuse créole et la série des Nus bleus.

L’exposition s’inscrit dans la lignée des grandes manifestations dédiées à l’artiste organisées par le Centre Pompidou et fait écho à « Matisse 1904-1917 » de 1993. À la différence de « Henri Matisse : the Cut-Outs » (Tate et MoMA, 2014) exclusivement consacrée aux gouaches découpées, elle révèle la dimension pluridisciplinaire de sa pratique pendant cette période. Jamais auparavant l’artiste n’avait été aussi prolifique dans la variété des techniques et des supports utilisés, comme en témoignent les peintures, gouaches découpées, dessins, livres illustrés, textiles et vitraux exceptionnellement réunis dans le parcours du Grand Palais.

 

Cette dernière période de création se caractérise par une symbiose toujours plus grande entre l’œuvre et l’espace de l’atelier. Travaillées à même les murs de l’appartement de l'hôtel Régina à Nice, mobiles par essence, les œuvres participent de la végétalisation dynamisante du cadre spatial. L’exposition s’attache à restituer cet in situ en permanente métamorphose, donnant au visiteur l’accès à ce « jardin » de Matisse à travers un espace qui va en s’amplifiant salle après salle. Y sera également rappelé le contexte de la guerre et de l’immédiat après-guerre alors que la figure d’Henri Matisse s’impose en France et Outre-Atlantique comme un symbole de liberté. ◼

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