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Summary

Comme tous les arts, le cinéma nous donne à reconsidérer ce que Georges Bataille appelait « le sentiment commun d'être homme ». Alors, bien sûr, cette sensation peut naître de la représentation d'un homme courageux, noble et inoxydable comme le sont les héros de tant de mauvais films. Mais elle surgira plus sûrement lorsque le cinéaste ose nous proposer autre chose. Un homme défiguré par une maladie terrible, la lèpre, qui interpelle les bien portants que nous sommes (L'Ordre de Jean Daniel Pollet). Un anthropologue français dont se moquent allégrement des Papous tout nus qui s'amusent, l'oeil malicieux, à le rouler dans la farine (Eux et moi de

Stéphane Breton). Un couple magnifique qui passe de la marche à la danse, de la prose à la poésie (Tous en scène de Minnelli). Et que dire de l'émotion qui nous étreint lorsqu'une enfant réussit à dépasser un obstacle qu'elle croyait infranchissable, portant haut les couleurs de toutes les petites filles et résumant à elle seule le constant apprentissage auquel est soumis l'être humain tout au long de sa vie? (Récréations de Claire Simon). Ce sentiment commun d'être homme, du même à travers l'autre, Pollet en suscite la naissance en cinéma, c'est à dire en creusant la place du spectateur : avec économie, il nous installe en contre champ de cet homme qui regarde la caméra, et ainsi, nous propose de soutenir le regard de celui qui est notre frère. (Carole Desbarats)

Additional information

Conférence - Débat, Cinéma 2, Centre Pompidou, 10/05/2010

Speakers Carole Desbarats
As part of the serie Regards critiques, 01-01-2008
Prolongeant son activité de programmation de films documentaires, la Bpi propose des rendez-vous réguliers d'analyse de films à partir de janvier 2008. Regroupés en cycles, ces rendez-vous sont confiés à un critique, un enseignant ou un programmateur qui fait partager sa conception de la critique. A chaque séance, leur conférence suivra la projection d'un film choisi aussi bien parmi les oeuvres majeures du cinéma documentaire que parmi les oeuvres plus novatrices de la production contemporaine. Le premier volet, intitulé "Histoire du cinéma sous influence documentaire" a été confié au cinéaste Jean-Louis Comolli. Le deuxième volet, intitulé "Histoires d'archives : lire les images du passé" est confié à l'historienne Sylvie Lindeperg Le troisième volet, intitulé "La part sonore du cinéma" est confié à l'ingénieur du son Daniel Deshays. Le quatrième volet, intitulé "Ceci n'est pas... un documentaire" est confié à Bernard Eisenschitz. Le cinquième volet, intitulé "Autre chose ? Le cinéma dit-il « autre chose »?", est confié à Carole Desbarats.
01/01/2008