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Summary

Un film de guerre, puisqu'il s'agit d'un journal d'occupation, un film à plusieurs voix. Les mots -à travers la voix de l'acteur Niels Arestrup- extraits des "Journaux parisiens" d'Ernst Jünger, entre 1940 et 1944 officier d'occupation à Paris, sont confrontés aux images des actualités françaises officielles, parfois avec leur commentaire d'origine. Sans souci de chronologie, ces fragments sont cités -montés- par un cinéaste argentin exilé, et commentés par des musiques qu'on disait alors les unes « aryennes » (Richard Strauss, Pfitzner), les autres « dégénérées » (Schönberg, Krenek). Un va-et-vient organisé entre plusieurs strates de perception et d'aveuglement. La vérité est-elle dans l'expérience solitaire vécue par Jünger (lui-même qualifié d' « exilé intérieur » en Allemagne nazie), dans le ton pensif de son interprète, passe-t-elle à travers l'objectif (toujours objectif, paraît-il) de caméras au service de l'occupant, est-elle révélée a contrario par la voix nasillarde et arrogante qui prend le relais de la voix « de » Jünger? La Guerre d'un seul homme, hasardait Louis Marcorelles, « par-delà sa perpétuelle antinomie actualité(s)-littérature, dépasse la personnalité d'Ernst Jünger et nous offre la confession d'un autre artiste face à l'histoire et à ses pièges ».

Additional information

Projection - Conférence, Cinéma 2, Centre Pompidou, 05/10/2009

Speakers Bernard Eisenschitz
As part of the serie Regards critiques, 01-01-2008
Prolongeant son activité de programmation de films documentaires, la Bpi propose des rendez-vous réguliers d'analyse de films à partir de janvier 2008. Regroupés en cycles, ces rendez-vous sont confiés à un critique, un enseignant ou un programmateur qui fait partager sa conception de la critique. A chaque séance, leur conférence suivra la projection d'un film choisi aussi bien parmi les oeuvres majeures du cinéma documentaire que parmi les oeuvres plus novatrices de la production contemporaine. Le premier volet, intitulé "Histoire du cinéma sous influence documentaire" a été confié au cinéaste Jean-Louis Comolli. Le deuxième volet, intitulé "Histoires d'archives : lire les images du passé" est confié à l'historienne Sylvie Lindeperg Le troisième volet, intitulé "La part sonore du cinéma" est confié à l'ingénieur du son Daniel Deshays. Le quatrième volet, intitulé "Ceci n'est pas... un documentaire" est confié à Bernard Eisenschitz. Le cinquième volet, intitulé "Autre chose ? Le cinéma dit-il « autre chose »?", est confié à Carole Desbarats.
01/01/2008