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Summary

Trois commandes qui impliquent l'investissement intime du cinéaste dans l'espace-temps public, que ce soit par la parole, par le corps, par la caméra qui prolonge l'oeil. Pier Paolo Pasolini voyage et voit le monde changer, il prend acte dans ses notes filmées (Appunti), délibérément fragmentaires, comme cette réflexion sur la forme mouvante de la ville, au Yémen et en Italie. Robert Kramer accepte la contrainte d'un plan séquence d'une heure sans intervention extérieure -montage, mixage, musique interdits. « J'étais tout à fait parti dans l'idée de vivre les choses avec la caméra. Mon corps est ici, mais mon esprit erre dans mon histoire, dans mes associations, dans l'histoire et les associations des autres. L'idée classique de l'unité n'a rien à voir avec la manière dont nous vivons dans ce monde. » Jia reçoit lui aussi une commande, d'un film d'une demi-heure en numérique, et il explore ce qui lui est opaque dans une ville de sa province où coexistent plusieurs temps : la muraille moyenâgeuse, des cheminées délabrées, un capitalisme mafieux qui s'installe? Ses émotions, à l'en croire, sont loin de se limiter au visuel-auditif. « Quand ils sont passés à côté de moi j'ai senti sur leur corps l'odeur de la sueur qui mouille mon propre corps. Quand nos odeurs se sont mêlées en une seule, nous avons enfin été ensemble, nous nous sommes liés. Tout existe naturellement, il nous suffit de le regarder et d'en faire l'expérience. » Sous l'apparence de la contemplation, un constant aller-retour avec le spectateur, pour qui tout repère reste hypothétique et mystérieux.

Additional information

Projection - Conférence, Cinéma 2, Centre Pompidou, 08/02/2010

Speakers Bernard Eisenschitz
As part of the serie Regards critiques, 01-01-2008
Prolongeant son activité de programmation de films documentaires, la Bpi propose des rendez-vous réguliers d'analyse de films à partir de janvier 2008. Regroupés en cycles, ces rendez-vous sont confiés à un critique, un enseignant ou un programmateur qui fait partager sa conception de la critique. A chaque séance, leur conférence suivra la projection d'un film choisi aussi bien parmi les oeuvres majeures du cinéma documentaire que parmi les oeuvres plus novatrices de la production contemporaine. Le premier volet, intitulé "Histoire du cinéma sous influence documentaire" a été confié au cinéaste Jean-Louis Comolli. Le deuxième volet, intitulé "Histoires d'archives : lire les images du passé" est confié à l'historienne Sylvie Lindeperg Le troisième volet, intitulé "La part sonore du cinéma" est confié à l'ingénieur du son Daniel Deshays. Le quatrième volet, intitulé "Ceci n'est pas... un documentaire" est confié à Bernard Eisenschitz. Le cinquième volet, intitulé "Autre chose ? Le cinéma dit-il « autre chose »?", est confié à Carole Desbarats.
01/01/2008