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Summary

« Il m'a fallu du temps pour développer cette idée que le cinéma « moderne », né avec moi, était le cinéma d?un savoir sur les camps, savoir qui changeait les façons de faire le cinéma », écrivait le critique Serge Daney. Le cinéma, et plus précisément "Nuit et Brouillard".

Dès sa sortie en 1956, le film d?Alain Resnais a fixé un imaginaire de la déportation et des camps nazis pour devenir un véritable « lieu de mémoire portatif » ou, pour reprendre l?expression de Ruth Klüger, un « lieu dans le temps ». Ce film est en effet à la fois un territoire originaire, un repère au sein d?une histoire longue, une

construction tissée de sens complexes.

Nous analyserons la genèse et les modalités de fabrication de "Nuit et Brouillard" puis ses usages et migrations dans l?espace et dans le temps (à travers ses réappropriations, ses réinterprétations mais aussi ses traductions et ses remontages, aux États-Unis, en Israël ou

dans les « deux Allemagne »).

Cet exercice de « micro-histoire » nous conduira à réfléchir sur le corps à corps entre l?événement, l?art et l?archive mais aussi à poser les jalons d?une histoire des regards, des demandes sociales et symboliques adressées aux images, qui témoignent de l'univers mental d'une époque.

Déroulé sur une période de cinq décennies, le fil de "Nuit et Brouillard" permet de suivre la voie ouverte par Walter Benjamin lorsqu?il invite l?historien à «découvrir dans l'analyse du petit moment singulier le cristal de l'événement total ». (Sylvie Lindeperg)

Additional information

Projection - Conférence, Cinéma 2, Centre Pompidou, 03/11/2008

Speakers Sylvie Lindeperg
As part of the serie Regards critiques, 01-01-2008
Prolongeant son activité de programmation de films documentaires, la Bpi propose des rendez-vous réguliers d'analyse de films à partir de janvier 2008. Regroupés en cycles, ces rendez-vous sont confiés à un critique, un enseignant ou un programmateur qui fait partager sa conception de la critique. A chaque séance, leur conférence suivra la projection d'un film choisi aussi bien parmi les oeuvres majeures du cinéma documentaire que parmi les oeuvres plus novatrices de la production contemporaine. Le premier volet, intitulé "Histoire du cinéma sous influence documentaire" a été confié au cinéaste Jean-Louis Comolli. Le deuxième volet, intitulé "Histoires d'archives : lire les images du passé" est confié à l'historienne Sylvie Lindeperg Le troisième volet, intitulé "La part sonore du cinéma" est confié à l'ingénieur du son Daniel Deshays. Le quatrième volet, intitulé "Ceci n'est pas... un documentaire" est confié à Bernard Eisenschitz. Le cinquième volet, intitulé "Autre chose ? Le cinéma dit-il « autre chose »?", est confié à Carole Desbarats.
01/01/2008