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Résumé

Au moment d'un choc de l'histoire, le cinéaste peut être tenté de faire un détour par la mise en scène, terme emprunté au théâtre. Et de se demander « ce qui se passerait si ? », définition de l'uchronie. Ce n'est pas une raison pour renoncer à ses règles de conduite. Par exemple: deux cinéastes souvent étiquetés comme « du réel », qui n'ont cessé de dissoudre les frontières entre fiction et documentaire. Le village de Lidice, en Tchécoslovaquie, a été exterminé et rasé le 10 juin 1942 en représailles à l'attentat contre le ReichsprotektorHeydrich. A Hollywood, Douglas Sirk en tire un film, "Hitler's Madman". Le Britannique Humphrey Jennings, peintre surréaliste devenu réalisateur au service du gouvernement, situe l'action de "The Silent Village" en Grande-Bretagne occupée, allant tourner dans un village minier du pays de Galles. Il y découvre des habitants, écrit-il, « qui agissent tout naturellement, jour après jour, selon les principes d'honnêteté chrétienne et communiste ». Jusque dans les moments de fiction, l'essentiel est composé des gestes quotidiens d'une communauté: reconstitution et avertissement à la fois. Quel meilleur hommage rendre aux victimes que d'alerter, de répéter que cela pourrait arriver ici, de ne pas feindre « de croire que tout cela est d'un seul temps et d'un seul pays » (Nuit et Brouillard) ? Lors du 11 septembre -celui du Chili, le putsch militaire en 1973-, Chris Marker procède de manière comparable, essayant une nouvelle caméra. C'est du format que naît la forme. Selon l'intertitre initial, « un film en super-8 m trouvé dans une ambassade », et Jean-André Fieschi ajoute: « qui vient documenter, de l'intérieur, l'histoire en train de se faire, de se vivre, dans son tremblé même. » (Bernard Eisenschitz)

Information complémentaire

Projection - Conférence, Cinéma 2, Centre Pompidou, 19/04/2010

Intervenants Bernard Eisenschitz
Dans le cadre de la série Regards critiques, 01-01-2008
Prolongeant son activité de programmation de films documentaires, la Bpi propose des rendez-vous réguliers d'analyse de films à partir de janvier 2008. Regroupés en cycles, ces rendez-vous sont confiés à un critique, un enseignant ou un programmateur qui fait partager sa conception de la critique. A chaque séance, leur conférence suivra la projection d'un film choisi aussi bien parmi les oeuvres majeures du cinéma documentaire que parmi les oeuvres plus novatrices de la production contemporaine. Le premier volet, intitulé "Histoire du cinéma sous influence documentaire" a été confié au cinéaste Jean-Louis Comolli. Le deuxième volet, intitulé "Histoires d'archives : lire les images du passé" est confié à l'historienne Sylvie Lindeperg Le troisième volet, intitulé "La part sonore du cinéma" est confié à l'ingénieur du son Daniel Deshays. Le quatrième volet, intitulé "Ceci n'est pas... un documentaire" est confié à Bernard Eisenschitz. Le cinquième volet, intitulé "Autre chose ? Le cinéma dit-il « autre chose »?", est confié à Carole Desbarats.
01/01/2008