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Résumé

"Au cours du printemps et de l'été 1944, la propagande nazie connut une inflexion majeure avec les tournages organisés dans le camp-ghetto de Terezin (ex-Tchécoslovaquie) et dans le camp d'internement de Westerbork (Pays-Bas). Ces réalisations – confiées à des internés (Kurt Gerron à Terezin, Rudolf Breslauer

à Westerbork) – répondent à un tout autre objectif que celui des plans tournés entre 1940 et 1942 par les opérateurs nazis dans les ghettos de Pologne. Il ne s'agit plus de désigner des sujets à la haine et de construire des stéréotypes antisémites ; il ne s'agit plus non plus d'archiver pour le futur les images d'une « race »

condamnée à la destruction. Ce qui se joue désormais dans l'image et dans la mise en scène relève de la dissimulation et de la négation de l'événement –l'extermination des Juifs d'Europe – dont les camps de Westerbork et de Terezin furent les antichambres.

En étudiant les séquences de promotion tournées à Westerbork sur le fonctionnement du camp et des ateliers (dont le cinéaste Harun Farocki a tiré la matière de son film Respite), en visionnant le film tourné à Terezin, transformé en « ville-Potemkine » pour les

besoins du tournage, nous réfléchirons aux enjeux de la propagande et de la mise en scène nazies, à la question des regards et du hors-champ, à la co-existence – au coeur de ces films – de plusieurs régimes d'images. Il s'agira également de suivre les usages ultérieurs de ces plans et la manière dont les réalisateurs qui les utilisèrent tentèrent d'inquiéter la fausse tranquillité des images." (Sylvie Lindeperg)

Information complémentaire

Projection - Conférence, Cinéma 2, Centre Pompidou, 06/10/2008

Intervenants Sylvie Lindeperg
Dans le cadre de la série Regards critiques, 01-01-2008
Prolongeant son activité de programmation de films documentaires, la Bpi propose des rendez-vous réguliers d'analyse de films à partir de janvier 2008. Regroupés en cycles, ces rendez-vous sont confiés à un critique, un enseignant ou un programmateur qui fait partager sa conception de la critique. A chaque séance, leur conférence suivra la projection d'un film choisi aussi bien parmi les oeuvres majeures du cinéma documentaire que parmi les oeuvres plus novatrices de la production contemporaine. Le premier volet, intitulé "Histoire du cinéma sous influence documentaire" a été confié au cinéaste Jean-Louis Comolli. Le deuxième volet, intitulé "Histoires d'archives : lire les images du passé" est confié à l'historienne Sylvie Lindeperg Le troisième volet, intitulé "La part sonore du cinéma" est confié à l'ingénieur du son Daniel Deshays. Le quatrième volet, intitulé "Ceci n'est pas... un documentaire" est confié à Bernard Eisenschitz. Le cinquième volet, intitulé "Autre chose ? Le cinéma dit-il « autre chose »?", est confié à Carole Desbarats.
01/01/2008