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Résumé

Vers 1980, Jean Luc Godard clamait que si on lui donnait une caméra assez puissante pour voir, véritablement voir, il pourrait aider à vaincre le cancer. Depuis, le développement de l'imagerie médicale semble lui donner en partie raison.

Cet autre savoir que nous apporte le cinéma, nous pouvons le trouver dans ce qu'il nous montre de notre présent et que nous ne savons pas regarder, et cela va de la naissance de la signalétique routière moderne chez Tati à l'observation prémonitoire de groupuscules maoïstes, un an avant mai 1968, dans La Chinoise de Godard.

Mais le cinéma n'est pas qu'un sismographe du temps présent. Comme le rappelait le regretté Philippe Arnaut, le cinématographe est apparu la même année que les rayons X, en 1895. Autant dire qu'il est aussi une machine à montrer d'autres choses des humains, comme en témoigne le mathématicien René Thom, père de la théorie des catastrophes et héros malgré lui de l'épisode René(e)s que lui consacre Godard dans 6X2 en 1976 : « Quand Jean-Luc Godard est venu me filmer à mon Institut, je m'attendais à être traité selon l'hagiographie traditionnellement en usage à l'égard des célébrités de la science. Il n'en fut rien et je fus fort déconcerté ; les questions posées étaient d'une grande platitude et ne prêtaient à

aucun développement (…). Quinze mois plus tard, j'eus enfin l'occasion de visionner René(e). Ce fut pour découvrir, sous un habillage irrévérencieux et souvent étonnant, une sorte de fidélité profonde à ce qui aurait pu être mon message. » (Carole Desbarats)

Information complémentaire

Conférence - Débat, Cinéma 2, Centre Pompidou, 20/09/2010

Intervenants Carole Desbarats
Dans le cadre de la série Regards critiques, 01-01-2008
Prolongeant son activité de programmation de films documentaires, la Bpi propose des rendez-vous réguliers d'analyse de films à partir de janvier 2008. Regroupés en cycles, ces rendez-vous sont confiés à un critique, un enseignant ou un programmateur qui fait partager sa conception de la critique. A chaque séance, leur conférence suivra la projection d'un film choisi aussi bien parmi les oeuvres majeures du cinéma documentaire que parmi les oeuvres plus novatrices de la production contemporaine. Le premier volet, intitulé "Histoire du cinéma sous influence documentaire" a été confié au cinéaste Jean-Louis Comolli. Le deuxième volet, intitulé "Histoires d'archives : lire les images du passé" est confié à l'historienne Sylvie Lindeperg Le troisième volet, intitulé "La part sonore du cinéma" est confié à l'ingénieur du son Daniel Deshays. Le quatrième volet, intitulé "Ceci n'est pas... un documentaire" est confié à Bernard Eisenschitz. Le cinquième volet, intitulé "Autre chose ? Le cinéma dit-il « autre chose »?", est confié à Carole Desbarats.
01/01/2008