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Résumé

Le cinéma, machine à recréer la vie (selon les critiques contemporains des frères Lumière), appelé « bioscope » dans les pays nordiques, est du même coup un enregistrement de la « mort au travail », selon Cocteau. La représentation de la mort est un tabou pour le documentaire plus encore que pour la fiction, où elle peut être théâtralisée. Les marchands n'ont donc pas cessé d'en faire un spectacle, jouant aux limites du censurable ? depuis Thomas Alva Edison jusqu'aux documents truqués à sensation inaugurés par Mondo Cane (1961). Cela n'allait pas sans arrière-pensées idéologiques, quand il s'agissait de l'exécution d'un anarchiste qui avait assassiné le président des Etats-Unis, et cela passait souvent par les animaux, substitut trop facile (d'où le titre hommage de cette séance). Edison a produit et vendu l'un et l'autre (Execution of Czolgosz, Electrocuting an Elephant).

Il faut donc se demander comment, à ce message, répondre par d'autres images, une autre information, une autre production, un autre cinéma. Aussi éloignés que possible, Luchino Visconti et Chris Marker en ont donné des exemples. Le premier, au milieu du siècle, rend compte de l'assassinat d'une petite fille dans la banlieue romaine (Notes sur un fait divers). Le second, lors d'une des dernières guerres du même siècle, témoigne d'une expérience d'appropriation de l'information par des réfugiés (Le 20 heures dans les camps). Et de la résistance des éléphants (Slon Tango).

Information complémentaire

Projection - Conférence, Cinéma 2, Centre Pompidou, 09/11/2009

Intervenants Bernard Eisenschitz
Dans le cadre de la série Regards critiques, 01-01-2008
Prolongeant son activité de programmation de films documentaires, la Bpi propose des rendez-vous réguliers d'analyse de films à partir de janvier 2008. Regroupés en cycles, ces rendez-vous sont confiés à un critique, un enseignant ou un programmateur qui fait partager sa conception de la critique. A chaque séance, leur conférence suivra la projection d'un film choisi aussi bien parmi les oeuvres majeures du cinéma documentaire que parmi les oeuvres plus novatrices de la production contemporaine. Le premier volet, intitulé "Histoire du cinéma sous influence documentaire" a été confié au cinéaste Jean-Louis Comolli. Le deuxième volet, intitulé "Histoires d'archives : lire les images du passé" est confié à l'historienne Sylvie Lindeperg Le troisième volet, intitulé "La part sonore du cinéma" est confié à l'ingénieur du son Daniel Deshays. Le quatrième volet, intitulé "Ceci n'est pas... un documentaire" est confié à Bernard Eisenschitz. Le cinquième volet, intitulé "Autre chose ? Le cinéma dit-il « autre chose »?", est confié à Carole Desbarats.
01/01/2008