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Résumé

Parfois, le sentiment du sacré advient pour le spectateur de cinéma, et pas seulement devant des oeuvres qui traitent frontalement du religieux. La beauté du monde, la force d'une situation peuvent aussi provoquer l'effroi et ce tremblement qui accompagnent la proximité de ce qui, au-delà du profane, en est séparé, sacré. Ce tressaillement peut violemment nous saisir à l'approche du grand mystère quand ce qui est raconté par le film ne nous y prépare pas vraiment, comme chez Rossellini ou Dumont, ou quand, au contraire, toute la mise en scène nous y convie comme chez Dreyer.

Certes, le cinéma occidental a multiplié les représentations de Passions – le plus souvent chrétiennes – mais il lui arrive de susciter autrement l'épiphanie du sacré, et d'ailleurs, comme le cinéma est un art machinique, son rapport au sacré évolue en même temps que la société, voire que les techniques dont elle se dote.

Au début de ce siècle, on a parfois le sentiment que le monde visible n'a plus rien à cacher ; du coup, c'est le temps dont on étire les plis pour mieux traquer ce qu'il recèle. D'où le pari de Matrix, amener jusqu'à la perception consciente le « temps d'une balle », le fameux effet spécial bullet time. Ainsi, ce qui était impossible est aujourd'hui un donné du récit, et pour le héros/Messie qui va accomplir ce miracle d'un nouveau genre, esquiver une balle, et pour le spectateur à qui l'on propose un autre degré du sacré, la transfiguration de l'homme par la technologie. (Carole Desbarats)

Information complémentaire

Conférence - Débat, Cinéma 2, Centre Pompidou, 15/11/2010

Intervenants Carole Desbarats
Dans le cadre de la série Regards critiques, 01-01-2008
Prolongeant son activité de programmation de films documentaires, la Bpi propose des rendez-vous réguliers d'analyse de films à partir de janvier 2008. Regroupés en cycles, ces rendez-vous sont confiés à un critique, un enseignant ou un programmateur qui fait partager sa conception de la critique. A chaque séance, leur conférence suivra la projection d'un film choisi aussi bien parmi les oeuvres majeures du cinéma documentaire que parmi les oeuvres plus novatrices de la production contemporaine. Le premier volet, intitulé "Histoire du cinéma sous influence documentaire" a été confié au cinéaste Jean-Louis Comolli. Le deuxième volet, intitulé "Histoires d'archives : lire les images du passé" est confié à l'historienne Sylvie Lindeperg Le troisième volet, intitulé "La part sonore du cinéma" est confié à l'ingénieur du son Daniel Deshays. Le quatrième volet, intitulé "Ceci n'est pas... un documentaire" est confié à Bernard Eisenschitz. Le cinquième volet, intitulé "Autre chose ? Le cinéma dit-il « autre chose »?", est confié à Carole Desbarats.
01/01/2008